Comment aider l’enfant de 6 à 10 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

6 à 7 ans : Grande sensibilité à la notion de justice. Lui faire la morale ne fonctionne pas. Il apprécie que l’on approuve ses bons comportements et cela le motive pour persévérer dans ses efforts. Il commence à être capable de s’auto critiquer.

8 à 10 ans : Compréhension et mise en place de l’autodiscipline pour diminuer les comportements indésirables. La connaissance de soi est bien forgée, il commence à avoir du bon sens et à faire la différence entre ses droits et ses devoirs. Il apprend à assumer ses responsabilités.

Ainsi, au lieu de devoir répéter 10 fois à un enfant de 7 ans ce qu’il doit faire continuellement, lui laisser plutôt l’opportunité d’organiser tout seul son emploi du temps (lui donner une responsabilité qui le valorise). Un enfant qui regarde trop d’heures de télévision par jour se verra ainsi confié la responsablité d’organiser tout seul son emploi du temps à partir de 16h00 lorsqu’il rentre de l’école jusqu’au repas du soir. Convenir avec lui du temps qu’il lui faudra pour goûter, pour faire ses devoirs et pour prendre sa douche. S’il l’enfant est trop en retard sur son programme, on le lui le lui fera pas remarquer mais le lendemain, sa demi-heure de télé sera supprimée pour rattraper le temps qu’il a dépassé la veille.

Ainsi, lorsqu’il y a une résistance passive, mieux vaut éviter de tout vouloir contrôler et lui donner la responsabilité d’organiser son temps (autodiscipline). C’est ainsi lui donner davantage de liberté et lui laisser faire des choix : choisir librement l’activité sportive, artistique ou musicale, mais il doit s’engager à y aller régulièrement. Il peut choisir s’il veut ranger ses jouets avant ou après son bain, mais il doit le faire avant le repas.

Lorsqu’il accomplit bien sa responsabilté, le mettre en valeur par des compliments tels que « ça me fait plaisir de te voir organiser tout seul ton emploi du temps et de le respecter, je n’aurai pas mieux fait à ta place ! ».

Lorsqu’un enfant de 8 ans cherche à attirer l’attention ou commet une bêtise, mieux vaut ne pas montrer son énervement à l’enfant en s’attardant sur la faute commise mais plutôt s’attarder sur la qualité de la réparation. Cette dernière doit-être réfléchie (c’est l’enfant qui propose une réparation à l’enfant lésé) et acceptée par l’enfant lésé. Dans le cas où un frère embête sa petite sœur, il pourrait par exemple chanter avec sa petite sœur tout son répertoire de chansons préféré de maternelle. Lorsque la réparation est faite, féliciter l’enfant.

Lorsqu’un enfant de 10 ans casse quelque chose, dans le même ordre d’idée, lui faire réparer sa faute est très important. Les excuses à elles seules ne font en effet pas comprendre à l’enfant ses erreurs. Il s’agit donc de réparer, dans notre cas, il devra par exemple payer avec son argent de poche l’objet cassé. S’il refuse, à nouveau, ne pas entrer dans son jeu d’opposition et lui signaler qu’il devra désormais attendre un mois avant d’avoir un nouvel objet que vous aviez prévu de lui acheter le lendemain. Le montant servira ainsi en partie à l’achat de l’objet cassé. Si un objet couteux a été cassé, ne pas lui supprimer tout son argent de poche du mois mais une partie. De même, pour les sanctions de tpye mise à l’écart, cela va de l’ordre de quelques minutes et non une heure. Un objet sera confisqué un ou deux jours, pas plus. S’il a insulté, il fera un mot gentil pour montrer qu’il apprécie celui qu’il a blessé.

A force de faire ainsi systématiquement, cela va rendre l’enfant progressivement plus compétent et autonome. Lui laisser également inventer la sanction en cas de manquement est une belle preuve de responsabilité à lui donner. Il n’en sera que plus vigilant.

Mettre en place des conséquences agréables lorsque l’enfant fait bien les choses. Un peu de gloss brillant pour une fille qui n’aura pas dit de gros mots durant la journée ou un bain moussant pour celui qui aura laissé la salle de bain impeccable après chacun de ses passages.

Lorsque un enfant de 10 ans refuse de coopérer pour une tâche ménagère par exemple, la semaine suivante, l’enfant se verra confier une tâche supplémentaire. L’idéal est d’afficher le programme sur le frigo. Laisser à l’enfant choisir au tout début la tâche que l’enfant préfère faire. Si deux enfant choisissent la même tâche, tirer au sort.

Tourner en jeux ou en compétition certaines tâches fastidieuses. Par exemple, celui qui arrive à ramasser le plus de déchets dans la cour de récréation ou dans le jardin a gagné. Un deux trois c’est parti !

Lorsqu’il y a un conflit, expliquer le rôle de l’adulte et lui permet de bien accepter les consignes. L’écoute active est également un outil précieux afin de soulager sa colère ou sa tristesse.

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.

Comment aider l’enfant de 3 à 6 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

3 à 4 ans : Il commence à fixer ses habitudes, à ne plus vivre uniquement dans l’instant présent. Il comprend les raisons d’un interdit. Son jugement du bien et du mal n’est pas solide.

4 à 5 ans : Il est capable d’accepter la réalité et ses limites. Il a besoin d’un modèle pour bien se comporter et son impulsivité lui joue des tours. Il pense être le centre de l’univers et il est égocentrique.

Il s’agira de mettre à l’écart l’enfant qui transgresse les règles afin de ne pas trop porter d’attention à ses bêtises et permettre à l’enfant de se calmer, ce qui améliore ses comportements.

Dans les grandes lignes, quand l’enfant fait un écart, il s’agit de l’informer « je ne veux pas que tu y touches » puis lui expliquer « parce que c’est un objet fragile » et s’assurer que l’enfant ait bien compris « tu m’as bien compris ? » et le prévenir s’il ne s’arrête pas « je vais devoir t’arrêter ».

Puis agir et le mettre à l’écart (le prendre par la main, lui demander de rester assis loin (faire l’expérience en accéléré s’il refuse de rester assis pour qu’il comprenne pour la prochaine fois), afin qu’il ne puisse pas nous distraire en faisant le clown ou casser des objets dans sa chambre. Pour une première mise à l’écart, quelques minutes suffises pour qu’il comprenne comment cela se déroule mais lui signaler que c’est lui qui décide quand il se sent capable de revenir.

Idéalement, il s’agit d’intervenir toujours de la même façon, avec les mêmes mots, lorsque l’enfant ne se comporte pas bien.

Un seul non ferme et définitif est davantage avantageux que les répétitions et les menaces.

Comme déjà mentionné avant, l’enfant entre 3 et 6 ans est encore impulsif et il s’agit de lui apprendre à patienter. Pour l’aider, il est nécessaire de lui expliquer la différence entre les besoins et les désirs. S’il veut aller faire pipi, lui aider tout de suite à ouvrir la porte des toilettes mais s’il a envie de jouer, il est raisonnable de faire patienter un peu l’enfant car c’est un désir. Cela lui apprendra ainsi à contenir son impatience.

Il est également bénéfique de leur confier des petites responsabilités déjà vers l’âge de 5 ans, comme préparer le soir le plateau du petit déjeuner familial du lendemain, soit s’occuper de la gamelle d’eau du chat plutôt que de donner des ordres à un petit frère ou une petite sœur. Il sera fier de ses responsabilités et cela lui vaudra des compliments. Encourager l’enfant par des phrases du type : « viens me prévenir si ta petite sœur t’embête » ou « fais-nous, comme tu sais si bien le faire, une jolie table ».

Il est également bénéfique de montrer à l’enfant qu’il est capable de faire ses propres choix car cela l’aide à développer sa confiance en lui, lui donne une image positive de lui-même et favorise l’auto discipline. L’enfant doit être conscient des conséquences de ses propres choix. Soit il se fait gronder s’il se laisse entraîner dans des bêtises ou soit il est capable de dire non.

Un enfant va aussi tester et sait très bien ce qu’il pourra se permettre avec l’un et l’autre. Adopter la même attitude est donc idéal pour l’enfant car cela évite qu’il teste sans arrêt l’un et l’autre des parents. En ce qui concerne les sanctions, les positiver : Lui demander par exemple d’aller ramasser un énorme panier de pommes de pin plutôt que laisser l’enfant enrager en étant privé de télé, cela est plus valorisant pour lui. Essayer de ne pas accorder moins d’attention à l’enfant le plus sage et de jouer le même temps avec lui. Nous avons en effet souvent tendance à accorder davantage de temps à l’enfant au tempérament difficile.

Pour aider un enfant au tempérament difficile à coopérer et mieux se comporter avec les autres, lui proposer un jeu.

A chaque fois qu’il refuse de coopérer durant la journée (exemple à 5 ans), lui laisser 2 chances supplémentaires. S’il obéit à sa première chance, il gagne 2 points, à la seconce il gagne 1 point. S’il ne le fait pas, il devra s’asseoir sur une chaise pendant 5 minutes. Répéter le jeu au fil des jours, le nombre de points gagnés devrait alors être de plus en plus élevés en comparaisons aux temps de pauses. Lorsque l’enfant progresse, le féliciter « tu as fais de gros effort, bravo ! », « Je suis fier de toi ! ».

Lorsqu’il obéit rapidement, lui faire une poignée de main ou un clin d’œil. Le jeu mobilise l’attention de l’enfant et entraîne une grande motivation.

Lorsque l’enfant est insolent, une bonne façon de faire est de ne plus lui parler pendant une demi-heure. Première pause de parole risque d’être difficile car l’enfant va essayer d’attirer quand même l’attention pour obliger à parler, ne pas céder.

L ‘enfant ira alors jouer dans son coin et la mauvaise habitude lui passera en général. Le silence permet de faire ressentir à l’enfant que ses sauts d’humeurs ne sont pas une attaque pour l’adulte (le silence est le meilleur des alliés).

Ou essayer de l’appaiser par des petites demandes : « Veux-tu de l’aide pour régler ton problème ? », « Et si tu parlais plus doucement ? ».

Lors de rivalité de l’enfant envers un parent, organiser des jeux filles contre garçons et souder les sentiments en ayant des moments complices avec papa ou maman est également bénéfique.

Une autre manière lorsque l’enfant utilise des mots grossiers est de proposer à l’enfant un jeu qui consistera à lui apprendre une liste de mots qui expriment l’impatience ou la contrariété (vocabulaire furax que l’enfant va adorer du type l’insulte de pirate corne de bouc !).

Les gros mots ont de la force et provoquent :

  • le rire chez les autres enfants
  • une attidude scandalisée des adultes
  • des résultats qui donnent envie de recommencer pour attirer l’attention.

Il s’agit donc de reprendre calmement avec l’enfant en lui proposant des alternatives sous formes de jeux.

S’il a pris l’habitude d’utiliser des mots grossiers quand il est en colère, il faut intervenir rapidement et lui proposer d’utiliser des mots familiers acceptables comme nous avons vu ci-dessus.

Il s’agit de ne pas prendre un air scandalisé si l’enfant dit un mot grossier pour faire rire ses frères et sœurs à table mais faire plutôt faire diversion en racontant une petite histoire drôle et/ou en leur posant une devinette.

Diviser la journée en plusieurs périodes et noter la fréquence des mots grossier durant chaque tranche horaire. Féliciter l’enfant quand aucun mot grossier n’est utilisé durant l’une de ces tranches horaires.

Après avoir réglé un problème de mauvaise conduite, ne plus parler de l’épisode à toute la famille, pour éviter que l’enfant ne se sente fier de ses bêtises.

Utiliser l’autorité positive : « Tu dois ranger tes jouets. Je t’ai préparé 2 corbeilles : l’une pour les voitures, l’autre pour tes livres ».

Complimenter et encourager son enfant lorsqu’il fait des efforts, c’est lui donner des forces dont il a besoin pour avancer sereinement dans la vie.

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.

Merci pour votre participation !

Chers parents,

Suite à l’édition 2017 de nager pour aider, nous vous remercions encore pour votre participation grâce à laquelle nous avons pu récolter 200 francs pour soutenir les projets de Terre des Hommes Suisse. Objectif atteint grâce à vous tous, un grand MERCI !

La distance réalisée a été de 10000 mètres et nous avons terminé 3ème au classement obtenant une médaille de bronze !

nager pour aider 2017

 

Je me jette à l’eau

Chers parents,

Le 25 juin prochain, les-heureux-parents participent à la manifestation NAGER POUR AIDER, organisée par Carouge Natation et Terre des Hommes Suisse. Nous avons prévu d’effectuer un maximum de traversées à cette occasion 🙂

Nous espérons de tout cœur pouvoir récolter 200 francs pour soutenir les projets de Terre des Hommes Suisse. Cette année, les fonds collectés permettront notamment d’offrir un avenir meilleur à des enfants défavorisés d’Inde

Par le biais de votre soutien, vous contribuez ainsi à la promotion et à la défense des droits de l’enfant dans les pays du Sud. Qui veut participer avec nous à ce geste de solidarité?

D’avance un grand merci pour votre précieux soutien!

Et pour en savoir plus sur cette manifestation, c’est par ici :

manifestation

Olivier

P-S: l’intégralité de vos dons sera reversée en faveur des projets de Terre des Hommes Suisse. Merci pour eux !

Comment aider l’enfant de 1 à 3 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

1 à 2 ans :

L’enfant affirme sa personnalité et essaie de tester son pouvoir sur son monde. Il est immature pour comprendre pourquoi l’adulte le gronde lorsqu’il commet un interdit.

2 à 3 ans :

Lutte pour s’affirmer et devenir davantage indépendant. L’enfant se frustre et se contrarie car il prend conscience de ses limites. Il vit dans l’instant présent. Les consignes et les interdictions n’ont pas encore de sens pour lui.

 

Il s’agira donc davantage d’encourager l’enfant plutôt que de lui interdire les choses. Un enfant de 3 ans qui souhaite s’habiller de manière autonome sans aide de l’adulte devra avoir des habits adaptés (t-shirts, manteau à Velcro, pantalon à élastique), afin qu’il puisse satisfaire son désir d’autonomie. Un enfant qui remplit à ras bord son verre pourra par exemple choisir avec l’adulte un verre décoré de ses personnages favoris. Accepter la consigne de ne le remplir qu’à moitié ensuite sera davantage facile (accepter une toute petite consigne très simple) et le féliciter ensuite.

 

Lorsqu’un enfant s’oppose par exemple pour venir dans la poussette à la sortie du supermarché après avoir effectué des commissions, il s’agit de lui confier une petite responsabilité qui le mettra en valeur et le fera obéir plus facilement. Ici, lui expliquer par exemple qu’il doit être assis dans la poussette afin qu’elle ne bascule pas, il en sera ravi ! 😉

Les crises d’opposition d’un enfant de 2 ans constitue une phase normale de son développement. En ce qui concerne le comportement à adopter, il s’agit d’être bienveillant envers lui et de le contenir, sans se remettre soi-même en question par rapport à ces crises et mettre de la distance entre lui et les parents. Rappeler 2 à 3 fois par jour les règles et le cadre, de manière ferme et claire, sera bénéfique pour l’enfant car cela l’aidera à décider et à assumer ses choix plus tard.

Un enfant de 2 ans faisant un caprice renvoie davantage à un processus d’individualisation qu’à un caprice où il s’agit d’obtenir une satisfaction immédiate de ses désirs.

Lorsque deux enfants se battent pour avoir un jouet ou vont piquer un jouet à un autre enfant, ils le font davantage pour imiter que par égoïsme ou agressivité ou pour l’embêter l’autre enfant. L’imitation est un moyen de communication pour l’enfant de 2 ans.

Lorsque deux enfants se piquent les jouets, leur expliquer le troc et prendre deux de leurs jouets préférés. Chacun joue avec le sien dans un premier temps puis leur faire échanger les jouets après. Les encourager à partager et à échanger des jeux est un excellent apprentissage (pas plus de 10 minutes).

Les féliciter ensuite. Bravo, vous savez très bien partager les jouets pour jouer !

Toujours les féliciter ou les encourager ou les valoriser par des phrases du type :

Julie, si tu lisais un livre à ta sœur ? Tu sais qu’elle adore ça !

Julien, il n’y a que toi qui saches aussi bien faire rire ton petit frère…

Il s’agit également d’apprendre à l’enfant à tolérer des délais et lui transmettre que non, nous ne viendrons pas tout de suite, je finis ce que je suis en train de faire (au début attente de quelques minutes tout au plus), après je vienrai te voir, sauf si tu m’appelles à nouveau. L’enfant apprend à tolérer les délais progressivement. Le féliciter.

Le harcèlement est une difficulté à se détacher du parent. Le gronder signifie pour l’enfant accaparer l’attention de l’adulte pour lui. Donc lui éviter la satisfaction d’être grondé et privilégier la réparation.

Lorsqu’il fait tout tomber, lui demander de tout bien ranger ! Ranger coussins du canapé, faire une belle pile avec les DVD etc.

Lui apprendre l’utilisation de mots sympatiques comme s’il ta plaît, merci, est-ce que tu peux ? et le félicter quand ils sont utilisés.

Lorsqu’un enfant fait une crise de bêtises, ne parler avec lui que de ses progrès, de ses bons comportements, pour qu’il sente que c’est cela qu’on aime chez lui. Face à un mauvais comportement chez un enfant de 2 ans et demi par exemple, les réactions de colère créent chez lui de l’insécurité et de la peur même si l’adulte ressent le besoin de se décharger suite à une situation où l’enfant s’est mis en danger (traverser la route en courant par exemple). Il s’agira plutôt de rejouer la scène avec des personnages en plastiques (concret) afin de l’aider plutôt que de longues explications.

Voir également en complément de cet article celui-ci

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.

Comment faire en sorte que l’élève devienne auteur et acteur de ses apprentissages ?

Cette semaine, je partage et synthétise mes découvertes sur la pédagogie Freinet, en particulier à propos du livre ci-dessous.

 

La pédagogie Freinet : Quand l’élève devient auteur et acteur de ses apprentissages.

Célestin Freinet « Comment susciter le désir d’apprendre ? », par Philippe Meirieu.

L’éducation en questions, pemf

 

Après la première guerre mondiale, l’enseignement reste encore très frontal et l’idée générale consiste à retenir l’enseignement donné par le maître. Beaucoup d’élèves sont alors dégoûtés de l’école. Mais d’où cela vient-il ?

Freinet, lui, est convaincu que l’enfant a envie de travailler. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre l’exemple d’enfants qui trimballent du sable sur la plage ou encore de les voir se passionner pour le montage ou le démontage d’un appareil qu’ils découvrent.

Dès lors, Freinet explore des méthodes pour susciter la curiosité de ses élèves, pour les mobiliser et pour les motiver davantage. Différents outils vont alors émerger :

  • Correspondance scolaire, enquêtes, imprimerie, fabrication d’un journal pour correspondre avec d’autres classes en France (orthographe, règles de grammaire etc).
  • Donner des tâches qui ont du sens et un but final.

Enseigner pour Freinet se résume alors ainsi : « L’art de faire émerger les questions et d’accompagner les élèves dans la recherche des réponses » ainsi que « motiver en proposant des tâches capables de mobiliser l’intérêt et l’énergie des élèves »

La classe va alors évoluer vers l’atelier, le laboratoire comme lieu d’expérimentation, de découverte via un projet commun et où l’on se met au travail ensemble. Il s’agit ainsi de « replacer l’enfant dans une perspective active et faire en sorte que les connaissances deviennent nécessaires à la réalisation d’un projet collectif ».

Il s’agit donc de donner du sens aux apprentissages par une activité collective mais il s’agit également d’être attentif aux apprentissages de chacun. C’est la raison pour laquelle Freinet va mettre en place des brevets individuels (ceintures) sous forme d’un plan de travail individuel. C’est un système qui respecte le rythme de travail de chaque élève. Ce n’est donc pas un système d’évaluation mais plutôt un système où l’enfant peut se comparer à lui-même et par rapport aux progrès qu’il a réalisé durant une période donnée. C’est également un système qui sert à impliquer les élèves dans la tâche commune.

Un principe important pour Freinet sera de « Ne pas écarter les moins compétents au nom de la qualité de la production ». C’est-à-dire que l’enseignant doit veiller à passer aux travaux individuels lorsque le travail de groupe aura tendance à basculer vers la dérive productive car le but étant de « Concevoir des situations motivantes qui permettent de rencontrer les obstacles grâce auxquels on devra apprendre ». Ces objectifs obstacles pourront être différents pour chaque élève.

Freinet est pour la nécessité du tâtonnement expérimental, mais la perméabilité à l’expérience n’est pas facile pour les enfants à besoins éducatifs particuliers.

L’individu ne passe à une nouvelle acquisition que lorsque l’expérience en cours a fait sa trace indélébile, l’acte devient alors mécanique.

Par rapport au plan de travail individuel, une élève exprime : « C’est moi qui me dis : Aujourd’hui, je vais faire un problème puis après je vais faire une opération ». L’élève est amené à prendre en charge son plan de travail de manière plus ou moins autonome.

Pour ce qui est des niveaux, un élève de 6 ans pourra être avancé en mathématiques, alors qu’en français il pourra avoir un niveau inférieur ou égale aux prescriptions du plan d’étude national. Il existe ainsi des rythmes différents ce qui va favoriser l’entre aide entre les élèves.

Pour Freinet, il s’agit également de replacer l’apprentissage de la langue dans sa fonction de communication, c’est-à-dire lire pour recevoir des informations, écrire pour être lu. Il existe également la transcripition par l’adulte des énoncés de l’enfant qui constitue une entrée en matière dans la lecture.

Les élèves doivent trouver dans la classe un esprit d’autonomie, d’initiative, de négociation, de rêve.

Développer un autre rapport au savoir qui valorise la recherche, le questionnement et la pensée critique.

« L’élève est invité à raconter ses expériences vécues à ses camarades. Technique de « texte libre », qui originairement oral, devient dessin et écrit au fur et à mesure de la croissance mentale et des compétences acquises ».

Parmi les outils mis en place, il existe :

– Le « Quoi de neuf ? »

C’est un outil de la vie coopérative de la classe qui permet la construction d’une histoire commune au « groupe de vie ». Je parle à l’autre, il m’écoute, je suis entendu, j’existe dans le groupe. Le quoi de neuf est une façon de « rendre le groupe solidaire, de favoriser la pédagogie intégrative et de créer un espace entre l’extérieur et l’intérieur de l’école. Les enfants s’écoutent, entendent parfois des réponses à leurs problèmes par leurs pairs, peuvent réaliser que ce qu’ils aiment, ce qui les tracassent, ce qui leur fait plaisir, ne sont pas exceptionnels ; on peut en parler beaucoup, partager les mêmes joies et peines, tracas et plaisirs… Derrière un propos qui peut paraître anodin, l’enfant a quelque chose à dire ; à nous de décrypter ce qu’il y a derrière ».

Il n’est pas obligatoire et se fait sur inscription des élèves qui désirent s’exprimer sur une expérience ou un objet qu’ils ont amené. Il dure entre 25-40 minutes.

Impacts :

– Contribuer au développement de l’autonomie du groupe et des enfants.

– Favoriser la constitution d’un groupe classe solidaire.

– L’enfant structure son langage et se construit comme sujet.

– Amélioration des compétences langagières : être consis, avoir une parole intéressée et structurée, vérifier que l’on est compirs des autres.

Des responsabilités sont également données aux élèves :

– Un président, un secrétaire, un maître du temps et un responsable gêneur. (actions qui gênent le groupe)

 

– Le Conseil coopératif ou conseil de classe est un autre outil important : Les règles de vie y sont établies et cela sert à féliciter les enfants. C’est également avant tout un lieu de parole coopératif dont les visées sont relationnelles, personnelles mais aussi éducatives.

Au conseil les élèves apprennent à :

  • Gérer les relations et les conflits dans le groupe : c’est un organisme d’analyse et de régulation des problèmes qui se posent grâce aux rubriques plaintes et félicitations. On apprend à gérer le fonctionnement d’un groupe et les relations interindividuelles.

 

  • Devenir acteurs de leur milieu et de leurs apprentissages. Par les rubriques informations, propositions et demandes de ceintures les élèves sont au cœur du processus d’apprentissage. Ils sont amenés à participer dans les activités et l’organisation de la classe. Ils apprennent à parler, à écouter, à aider, à se contrôler.

 

  • Vivre et grandir ensemble en respectant le rythme et les besoins de chacun. Le conseil a des visées éducatives et d’enseignement au sens où la gestion collective et l’organisation coopérative de la classe permettront de tendre vers des apprentissages sur mesure. Apprendre à planifier son travail, à travailler ensemble, à coopérer.

Cette pédagogie devient aujourd’hui dans l’ère du temps puisque l’enfant est amené à faire partie du monde, à être l’acteur et l’auteur de demain. Il développe son esprit critique et a sa place dans le groupe. Cette pédagogie est à la fois invididuelle en terme de rythme d’apprentissage mais également collective dans la part de découverte que l’enfant peut faire des autres. Bien au-delà d’un apprentissage de type copié-collé, l’enfant apprend de façon pratique, ce qui donne du sens et motive l’élève.

Il n’y a pas de motivation sans plaisir. Se surprendre à faire et à réussir, quoi de plus motivant ?

Il existe une excellente école Freinet à Genève dans le quartier des eaux-vives. Cliquez ici pour davantage d’informations sur l’école ou cette pédagogie en particulier. 

Le cerveau qui apprend

Cette semaine, je partage des informations autour de plusieurs conférences qui ont eu lieu à l’Université de Genève.

Résumé de la troisième conférence intitulée « le cerveau qui apprend » dans le cadre de la semaine du cerveau 14-18 mars 2016 :

Vidéos disponibles sur www.semaineducerveau.ch

A titre d’information, cet article constitue de simples notes de cours et ce résumé n’a donc pas la prétention d’être exhaustif par rapport à l’ensemble du contenu qui a été abordé durant cette conférence.

Comment notre cerveau est-il capable d’apprendre de nouvelles compétences et quel rôle joue le sommeil dans l’apprentissage ? Décorticage des mécanismes de la plasticité cérébrale, ainsi que de ses possibilités et de ses limites.

A retenir :

Des stimulations sensorielles répétées renforcent les synapses de neurones peu actifs.

Ce type de mémoire synaptique est important pour activer des neurones pendant l’apprentissage d’un nouveau comportement.

Elle peut aussi s’avérer très importante pour la mise au point de protocoles de réhabilitation après par exemple un AVC ou un traumatisme crânien.

Première partie de la conférence par le professeur Stéphane Pagès (chercheur au département de Neurosciences Fondamentales de la Faculté de médecine de l’Université de Genève).

Après une thèse de doctorat réalisée au département de Chimie Physique de l’UNIGE, il obtient une bourse du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique (FNS) pour étudier, grâce à de nouvelles approches optiques, les phénomènes de communication neuronale au Centre de Neurophotonique de l’Université Laval à Québec. En 2011, il rejoint l’équipe du Professeur Anthony Holtmaat et poursuit ses recherches sur les mécanismes de plasticité structurelle et fonctionnelle de la synapse, dont on pense qu’ils constituent les bases physiologiques de l’apprentissage et de la mémoire.

Comment notre cerveau apprend-il ?

Comment notre cerveau se réorganise t-il ? Comment acquiert-il de nouvelles compétences ? Faire du vélo, etc.

Apprendre à reconnaître un visage etc.

100 milliard de neurones peuplent notre cerveau. si 1 neurone équivalent à 1 personne et sachant qu’il y a 7 milliard d’individus sur la terre, le nombre de neurones que l’on a dans notre cerveau est équivalent à 14 fois la population mondiale !

Les neurones communiquent entre eux.

100 000 kilomètres de « câbles électriques » dans un cerveau adulte humain. Si on déroule ces câbles électriques, en marchant on peut faire deux fois le tour de la planète.

Système très complexe.

Chaque neurone est composé de 3 parties

  1. Les dendrites (métaphore de la prise d’un ordinateur): partie du neurone qui reçoit le signal. Chaque neurone peut ainsi communiquer avec 15 000 autres neurones. Une fois que l’information arrive dans la dendrite, elle est transférée via les dentrites et convergent vers le corps cellulaire (centre de contrôle du neurone). Une fois la décision prise, l’information est transférée vers le reste du réseau par les axones.

 

Mode de communication entre deux neurones :

Le point de connexion entre l’axome et la dendrite s’appelle la synapse (lieu où l’info va être émise par le premier neurone et reçue par le second neurone).

  1. L’axone : partie du neurone qui relaie le signal

Une synapse est un point de liaison entre neurones.

Travaux du professeur Anthony Holtmaat (date du milieu des années 2000)

La grande majorité des épines dentritiques que nous avons dans notre cerveau est stable.

Les épines dendritiques apparaissent en lien avec la coupe des moustaches des souris (elles arrivent à sentir l’environnement avec les moustaches).

Ces connexions sont dynamiques : elles apparaissent et disparaissent en fonction de l’expérience.

Formation d’un très grand nombre d’épines à la naissance.

Raffinement du nombre d’épines en fonction de l’expérience.

Un apprentissage ou une nouvelle expérience aboutit à la formation de nouvelles épines (réseau neuronal qui change).

D’autres épines sont aussi formées.

Elles disparaissent progressivement au fil des années.

Lorsque nous vivons une expérience sensorielle, nous avons des épines qui sont créées (mais pas besoin de créer des épines pour créer de la mémoire).

Etape n°1 : apprendre une tâche à une souris.

Etape n°2 : trouver des épines nées de cet apprentissage.

Etape n°3 : débrancher les épines nouvellement formées.

Etape n°4 : mesurer la performance de la souris sans ces nouvelles épines.

Temps avant entraînement de la souris : 90 secondes.

Après entraînement de la souris : 9 secondes.

La souris met plus de temps de passage après le débranchage des nouvelles épines (20 secondes).

Plasticité des épines dendritiques. Est-ce que la capacité des épines dendritiques à apparaître et à disparaître est-elle la même tout au long de notre vie ?

Lorsque nous dormons, ce système est-il au repos ?

Les clés de la mémoire

Cette semaine, je partage des informations autour de plusieurs conférences qui ont eu lieu à l’Université de Genève.

Résumé de la première conférence intitulée « les clefs de la mémoire » dans le cadre de la semaine du cerveau (14-18 mars 2016) :

Vidéos disponibles sur www.semaineducerveau.ch

Première partie de la conférence par le professeur Alexandre Pouget, neurobiologiste (Département des Neurosciences Fondamentales, Université de Genève).

Seconde partie de la conférence par le professeur Martial Van Der Linden (psychologue) (Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education, Université de Genève).

A titre d’information, cet article constitue de simples notes de cours et ce résumé n’a donc pas la prétention d’être exhaustif par rapport à l’ensemble du contenu qui a été abordé durant cette conférence.

Mémoire synaptique

Avec la mémoire, nous touchons à l’essence de l’individu. Films à voir sur la mémoire : Blade runner, The final cut (androïdes à qui l’on implante des souvenirs) ; Memento et Eternal Sunshine of the spotless mind.

Mémoire et perception

La mémoire est centrale au sens de l’identité mais elle est aussi absolument fondamentale pour la perception. Sans mémoire, il n’y a pas de perception.

Lorsque nous regardons devant nous une scène et que nous analysons cette dernière, nous n’avons aucun problème à reconnaître qu’il y a des être humains assis sur des fauteuils, dans un auditoire devant un écran de projection (ne demande aucun effort). Les calculs en jeu dans ce genre de situation sont extrêmement complexes et la seule raison pour laquelle nous pouvons interpréter l’image que nous voyons à un moment donné s’explique par le fait que durant notre enfance, nous avons fait l’expérience des images visuelles. Nous avons appris que les images que nous voyons sont composées d’objets et ayant une identité, une apparence etc. C’est cette connaissance stockée dans notre mémoire qui va nous permettre d’interpréter les nouvelles images auxquelles nous sommes confrontés. Sans cette expérience de départ, sans cette mémoire, une image n’aurait aucun sens.

Exemple de Mickal May: Problème de cornée (devenu aveugle à l’âge de 2-3 ans).

Malgré sa cécité, il a obtenu le record mondial de descente à ski.

A l’âge de 40 ans, un chirurgien lui propose de lui greffer une cornée pour retrouver la vue. Il a accepté mais il a été très déçu car il était incapable de percevoir quoi que ce soit. Le cerveau est moins plastique lorsque nous sommes adulte. Son cerveau n’a pas été capable de réapprendre à voir, ce qu’il voit est extrêmement rudimentaire. Lorsqu’il fait du business, il se couvre les yeux car il préfère être dans le noir et ne pas être distrait par ces images qu’il n’arrive pas à interpréter. Livre qu’il a écrit : Crashing through « The extroardinary true story of the man who dared to see » de Robert Kurson.

Mémoire et douleur

Ce qui est vrai pour la perception en général est vrai pour certains types de perceptions telle que le douleur. Elle n’a de véritable signification que si l’on a une mémoire de la douleur. C’est le cas d’une opération chirurgicale qui où le chirurgien injecte un anesthésiant qui nous bloque totalement la mémoire et où nous sommes incapable de nous souvenir de quoi que ce soit durant l’opération. Elle nous paralyse mais ne bloque pas les centres de la douleur. Nous allons sentir tous les coups de bistouris mais une fois que l’anesthésie sera terminée nous n’allons pas nous rappeler et nous allons penser que tout c’est bien passé en croyant les dires du chirurgien car nous n’auront aucun souvenir de ce qui se sera passé (douleur). Donc nous pouvons constater que sans mémoire il n’y a pas de douleur.

Le moment de la naissance n’est pas une partie de plaisir. La tête du bébé est soumise à des pressions épouvantables et quand cela se passe mal, les médecins sont obligés d’utiliser des outils pour « arracher » le bébé au ventre de sa mère. Ce sont des douleurs incomparables pour le bébé. Par ailleurs, le centre de la mémoire n’est pas encore actif (pas à maturité), donc nous ne nous souvenons pas de ce moment là, fort heureusement 😉

Mémoire et neurones

Mémoire importante pour le sens de notre identité mais aussi pour la perception en général.

Le cerveau humain est un énorme réseau de neurones, environ 70 à 100 milliards de neurones dans un cerveau humain. Cela correspond à peu près au nombre d’étoiles dans la voie lactée !

Les neurones sont connectés les uns avec les autres avec 1000 à 10000 connections par neurone de telle sorte que dans le cerveau, c’est un nombre incalculable de câbles, plus exactement de l’ordre de 100 000 milliards de connections… Cette connexion relie entre eux des neurones. Les signaux se propagent le long de l’axome et l’on a des contacts entre les neurones qui se font au niveau de la synapse. Lorsque l’on effectue un zoom sur la synapse, nous avons un terminal pré-synaptique (axone) et de l’autre coté un terminal post-synaptique (epine dendritique).

Je vous laisse le soin de regarder la suite via le lien de la vidéo si vous souhaitez approfondir le sujet (cela sera plus simple de suivre en vidéo car les informations deviennent plus techniques).

Mémoire et synapses :

La où nos mémoires sont stockées dans les synapses.

Aussi l’endroit où nous effectuons des calculs.

Reconnaissance d’objets

Dans le cerveau c’est le poids synaptique (valeur des synapses) qui détermine quel est le calcul qui va être fait par le système.

Capable d’entraîner des réseaux de neurones pour qu’ils soient capables de reconnaître des images.

Reconnaissance des nombres

Jeu de go : Compétition entre un ordinateur et le meilleur joueur de go au monde.

L’ordinateur a gagné. Utilise des réseaux de neurones qui détermine la meilleure configuration pour le projet mouvement de l’ordinateur. Va envahir toutes les machines, révolution absolue.

Reconnaissance d’artistes

Entraînement d’un réseau de neurones capable de reconnaître des artistes. Une fois le réseau entraîné, possibilité de lui donner une image et lui la faire transformer en style Kandinsky ou Van Gogh par exemple.

Conclusion : La mémoire centrale constitue l’identité des individus car sans mémoire, il n’y a pas de perception.  Toutes ces mémoires sont stockées dans les synapses.

Ajuster les synapses lors de nouveaux apprentissages pour essayer d’enregistrer toute l’information nouvelle.

Les champions du monde de mémorisation obtiennent d’ailleurs des résultats impressionnants quant à la vitesse à laquelle ils parviennent à mémoriser de nouvelles informations. Or quant ça rentre par une oreille et que ça sort de l’autre… il est temps de mettre en place une vraie stratégie de mémorisation. Olivier Chatelain, enseignant spécialisé, nous explique quelle est la bonne approche.

Cliquez ici pour découvrir les stratégies des athlètes de la mémoire :

Seconde partie de la conférence : Professeur Martial Van Der Linden (psychologue)

Les multiples expressions de la mémoire et leurs relations avec l’identité.

1er temps : différentes manifestations de la mémoire mais on devrait parler des mémoires.

2ème temps : Mémoire et identité constituent les 2 phases d’une même pièce. Ce n’est pas un enregistreur passif qui stocke des choses proches du réel. Mémoire farcie de faux souvenirs en fonction de notre identité, de nos croyances, de nos valeurs et de nos buts.

Les différentes dimensions de la mémoire :

Mémoire à court terme (mémoire de travail) : mémoire qui nous permet de stocker temporairement une information (ex. numéro de téléphone, commande, établir mentalement une addition).

Mémoire à long terme :

▪                mémoire épisodique

=> se souvenir de la conversation d’un client la veille. Garder les souvenirs personnellement vécus. Permet de revivre ce que l’on a vécu.

▪                mémoire sémantique

=> connaissance générale que l’on a sur le monde. Sémantique des bières.

▪                mémoire perceptive

=> va stocker la forme des objets, des visages, des mots et pas leur signification.

▪                mémoire procédurale

▪                mémoire qui va permettre d’automatiser une série de procédures (apprendre à rouler une bicyclette).

 

Ces systèmes de mémoire ont une certaine indépendance, ils sont en relation mais ils sont aussi indépendants. Une lésion cérébrale peut perturber certains systèmes et pas d’autres.

Syndrome amnésique : patients qui ont des lésions bilatérales au niveau des hippocampes. Personnes qui ont un QI normal, mais trouble massif de la mémoire épisodique (oubli à mesure). Ne peut pas récupérer les événements personnellement vécus.

Capacités préservées

▪                mémoire à court terme normale

▪                mémoire procédurale normale

▪                mémoire perceptive normale

▪                mémoire sémantique : débat ?

 

Ex. ne pas se souvenir avec qui on a appris à utiliser un traitement de texte, un ordinateur mais savoir l’utiliser. Oublier 5 minutes après ce qui a été lu, ou vu.

Donc certains systèmes de mémoires peuvent être affectés et d’autres préservés.

La mémoire des événements personnels n’est pas un enregistreur passif, c’est un processus constructif (même événement vécu peut être vécu différemment). On sélectionne ce que l’on va mettre en mémoire. Notre mémoire est farcie de faux souvenirs.

– Seuls sont maintenus aisément accessibles les souvenirs des événements personnels qui sont en lien avec nos buts, nos valeurs et nos croyances.

Les souvenirs d’événements personnels ne constituent pas une représentation parfaitement exacte de la réalité.

▪                nous mettons et récupérons en mémoire les aspects d’un événement qui correspondent au mieux à la conception que nous avons de nous-mêmes ou du monde.

▪                Les souvenirs peuvent être déformés afin d’être davantage en phase avec nos valeurs et nos croyances.

 

Anxiété sociale :

▪                peur intense des situations sociales

▪                les personnes redoutent d’être mal perçues par les autres

 

Les anxieux sociaux se souviennent essentiellement de leur réaction à eux (qu’ils ont trébuché, qu’ils ont bafoué, qu’ils transpiraient etc) et ils ne prennent pas dans leurs souvenirs le fait que ça se soit bien passé. Donc le lendemain, ils se souviennent du négatif et non du positif pris dans l’environnement. Ne fait que renforcer la croyance selon laquelle la situation sociale est négative.

Les souvenirs des situations sociales contiennent davantage d’aspects en lien avec les personnes anxieuses elles-mêmes plutôt qu’avec l’environnement social externe.

▪                ce qui maintient et renforce les croyances négatives concernant les situations sociales

 

Deux exigences contradictoires (pour la mémoire épisodique) :

▪                correspondance : le souvenir doit correspondre à l’expérience vécue (être proche de la réalité)

▪                nécessaire pour les buts à court terme

▪                cohérence : on doit avoir aisément accès aux souvenirs qui correspondent à nos buts à long terme et à nos valeurs.

Self-Memory System (SMS ; Conway, 2005)

Gestion des buts = mémoire épisodique = identité

Gestion des buts

▪                un standard (un idéal)

▪                établissement de priorité et d’une séquence ordonnées d’actions

Organisation du « présent psychologique » : des moments psychologiques

▪                un moment psychologique est définit par l’installation d’un but (du début et à la fin)

 

Le moment psychologique entre automatiquement en mémoire épisodique (souvenir épisodique).

Ex. brossage de dents => accès sous forme d’image mentale. Essayer de récupérer le trajet etc. Multitude de moments psychologiques. Fonction de correspondance 4, 5, 6 jours. Détails sensoriels etc.

Souvenir épisodique :

Contient des détails sensoriels, perceptifs, cognitifs, et affectifs

Contient des images mentales

Permet de revivre le passé mais aussi de se projeter dans le futur ; cf la conférence d’Arnaud d’Argembeau).

Concerne des périodes de vie assez courtes (secondes, minutes, heures).

▪                enregistrement des buts à court terme (durées définie par un changement de but).

 

Souvenirs

Beaucoup de souvenirs épisodiques sont créées dans une journée, mais beaucoup deviendront difficilement accessible au bout de quelques jours

▪                ils ne sont pas perdus mais restent disponibles à un niveau plus inconscient ?

▪                ils peuvent être récupérés involontairement : le moment « proustien ».

 

…. et dès que j’ai eu reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (…), aussitôt la vieille maison grise, sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s’appliquer au petit réveillon…

Liens entre mémoire épisodique et identité.

Les souvenirs qui resteront accessibles de façon durable sont ceux qui auront été mis en lien avec l’identité.

▪                avec les connaissances sémantiques que nous avons sur nous-mêmes (buts, valeurs, croyances)

▪                avec les périodes de vie et d’événements généraux

 

L’accès intentionnel à un souvenir début généralement par l’identification d’une période de vie ou d’événements généraux.

▪                les souvenirs relatifs à certaines périodes de notre vie peuvent ne plus être accessibles, car nos buts et nos valeurs ont entre temps changé.

Une vie sans sens et sans but affecte la mémoire des événements personnels.

Souvenirs définissant le soi

 Durant une promenade avec quelqu’un que vous aimez bien,

▪                vous vous engagez tous les deux à faire comprendre à l’autre qui vous êtes réellement, votre « vrai moi ».

▪                vous décrivez plusieurs souvenirs dont vous estimez qu’ils expriment bien comment vous en êtes arrivés à devenir la personne que vous êtes maintenant.

 

Souvenirs définissant le soi

▪                Avoir au moins 1 an

▪                Un événement de votre vie dont vous pouvez vous souvenir très clairement et que vous paraît encore important après y avoir réfléchi

▪                Un souvenir concernant un thème, un but, une préoccupation, un conflit important dans votre vie.

▪                Un souvenir qui peut être positif ou négatif

▪                Un souvenir auquel vous avez pensé beaucoup de fois ; il est familier, comme une chanson (triste ou gaie) apprise par cœur.

Souvenir définissant le soi intégré et raisonnement autobiographique

▪                recul par rapport à un événement décrit, évaluation de l’importance et de la signification du souvenir pour l’identité ou la vie en général

▪                une leçon de l’événement ; prendre conscience de quelque chose

 

Souvenir définissant le soi non intégré

▪                descriptions d’événements sans l’apport d’une signification, d’un lien avec l’identité

▪                les personnes ayant reçu un diagnostic de schizophrénie ont beaucoup de souvenirs définissant le soi peut intégrés.

 

Self memory system : une dissociation chez un patient amnésique

Conway et loveday (2010) : patient CR

– Incapable d’avoir accès intentionnellement aux épisodes vécus

– Accès possible à ces épisodes si des indices adéquats sont fournis (obtenus via une caméra placée sur la poitrine de la personne).

– pas de connexions entre la mémoire épisodique et l’identité ?

Apprendre à mémoriser : la stratégie des athlètes de la mémoire

Si vous avez des enfants ou des élèves en difficulté avec les tables, les terminaisons de conjugaison, l’orthographe des mots…   alors vous savez quel calvaire cela peut être pour eux. Et aussi pour vous…
Mais comment faire quand « ça rentre par une oreille et que ça ressort de l’autre » ?

Améliorer sa mémoire

Voici une approche de remédiation originale et tres efficace.

Cliquez ici pour voir la vidéo

Vous découvrirez une stratégie de mémorisation qui se base sur les techniques mentales utilisées par … les champions du monde de mémorisation rapide. Oui, il y a vraiment des championnats du monde pour cela.

J’ai interviewé Matthieu, professeur des écoles spécialisé dans les techniques de mémorisation. Il nous explique comment il a découvert cette stratégie de gestion mentale toute simple, et comment il l’a appliquée auprès de ses élèves.
Matthieu partage ici le fonctionnement de cette technique. Il va nous montrer comment l’utiliser avec vos enfants ou vos élèves.

Cliquez ici pour découvrir cette stratégie des athlètes de la mémoire

 

Comment donner à l’enfant envie d’obéir ?

Lorsque les enfants font des bêtises, ils cherchent à attirer l’attention sur eux ou à entrer dans un jeu d’affrontement avec l’adulte très souvent.

Il s’agit alors déjà de supprimer dans la mesure du possible les tentations et de ne pas intervenir immédiatement (pour les choses qui ne mettent bien entendu pas l’enfant en danger). Lorsqu’un enfant de 18 mois fait tomber une pile de livres à son grand frère ou lui déchire un dessin par exemple, au lieu de réagir immédiatement en montrer sa désaprobation, mais simplement demander à l’enfant de ramasser et de réparer sa bêtise et s’il ne le fait pas, ne plus lui accorder de l’attention.

L’enfant sera ainsi contraint d’abandonner puisque l’adulte ne rentrera plus dans son jeu d’affrontement. Pire, il n’aura plus d’attention qui lui sera momentanément accordée. Cela mettra un peu de temps pour que l’enfant change son comportement et comprenne cela.

Lorsqu’un enfant fait une succession de bêtises, il s’agit d’évoquer ses progrès et ses bons comportements afin qu’il sente qu’on apprécie particulièrement ces derniers chez lui.

Si l’enfant part en courant, il ne faut surtout pas lui courir après s’il refuse une des demandes de l’adulte (car cela l’amusera et il le reproduira alors ;). Une fois qu’il s’arrête, le prendre par la main, nous baisser et le regarder droit dans les yeux et renouveller la demande.

S’il crie, il est préférable que l’adulte s’arrête de parler et garde un visage neutre en attendant que l’enfant se calme. Il s’agira ensuite de renouveller la demande à l’identique lorsqu’il se sera calmé.

Lors des demandes de l’enfant, il s’agit également de lui apprendre à tolérer des délais, c’est-à-dire de ne pas habituer l’enfant à venir tout de suite lorsqu’il le demande mais à le faire patienter un peu en lui expliquant qu’on est occupé et que l’on viendra dès que l’on aura terminé, à condition qu’il ne nous rappelle pas (délais de quelques minutes dans un premier temps pour un enfant de 3 ans par exemple). Puis le féliciter ensuite.

A l’inverse, lorsque l’adulte demande quelque chose à un enfant de 3 ans, par exemple d’arrêter un jeu pour aller faire quelque chose, il doit habituer l’enfant à le faire tout de suite à la première demande et que ça devienne naturel pour lui. Les enfants cernent rapidement votre tolérance et jusqu’à où ils peuvent aller.

Dans un premier temps, pour l’habituer à obéir à la première demande et tout de suite, il s’agit de l’amener à des situations agréables, par exemple quitter un jeu pour aller goûter (mousse au chocolat comme petite suprise dans un 1er temps). L’adulte doit montrer à l’enfant dans son attitude verbale et non verbale qu’il est déterminé et qu’il ne changera pas d’avis.

Comme nous l’avons déjà vu dans l’article « l’encouragement plutôt que l’interdiction », il s’agit d’offrir à l’enfant des choix pour l’aider à obéir. Le faire choisir par exemple ses habits pour le lendemain s’il peine à s’habiller le matin. S’il refuse de s’habiller, lui signifier qu’il est fautif et qu’on va l’accompagner à l’école en pyjama car nous n’avons pas eu non plus le temps de s’habiller. Cela fera réagir l’enfant qui alors s’habillera bien plus vite ! 😉