Comment écouter les enfants s’exprimer ?

La communication avec les enfants peut être une tâche difficile à certains moments. Le sentiment des adultes de ne pas être écouté des enfants et inversément, le sentiment des enfants de ne pas être écouté des adultes peut souvent se faire ressentir. C’est pourquoi, l’écoute et la communication sont essentielles pour créer un bon lien de confiance avec l’enfant. Ses sentiments, avis et opinions ont une valeur et ne pas l’écouter ouvertement et discuter honnêtement avec lui fera émerger des tensions entre les deux parties.

Nos jugements sont basés sur nos propres sentiments et expériences qui entraîneront des réactions différentes.

Prenons l’exemple suivant : Nicolas revient de l’école et il est en colère parce que sa camarade Julie n’a pas été sympa avec lui. Il est plein de ressentiments, l’adulte l’accueille et il peste…

L’écoute attentive que l’on nomme l’écoute active consiste à faire parler ouvertement , honnêtement l’enfant de ses sentiments et émotions et de les écouter vraiment (tristesse, déception, amertume, injustice etc). L’enfant va ainsi oser répondre à l’adulte sans crainte de représailles. En revanche, lorsqu’un adulte le critique de type « oh…. encore un problème ! », il envoie à l’enfant le message que ses sentiments et ses opinions ne sont pas valides. Pire, cela lui rajoute une couche émotionnelle supplémentaire alors qu’il ne sait pas gérer celle que Julie lui a provoqué et l’enfant s’énerve encore plus et a le sentiment de ne pas être compris.

Au contraire, en interrogeant le ressenti de l’enfant, cela ouvre un dialogue qui permet la discussion sur ses sentiments dans ce moment difficile et il permet de mieux comprendre d’où ils viennent.
Pour reprendre notre exemple de toute à l’heure :

Nicolas : – « Julie, cette c….. elle m’a traité…. »
L’adulte : « Tu es en colère contre Julie » (Nommer son émotion ; mettre des mots sur ce qu’il ressent décharge les tensions).
Nicolas : « Oui, elle me traite mais elle ne s’est pas regardée ! »
L’adulte : « Tu trouves cela injuste de sa part (Nommer son sentiment). Etc. pour la suite de la conversation.

Cette approche donne également la possibilité de trouver une solution ou un plan d’action avec l’enfant. L’enfant apprécie également le fait que l’adulte comprenne ses sentiments et cela aide à créer un bon lien de confiance avec lui.

Il est donc essentiel dans ces situations de donner à l’enfant toute l’attention. Par ailleurs, il est important d’établir un contact visuel avec lui afin de lui montrer également que vous l’écoutez et lui prêtez toute votre attention. Garder son calme et être curieux permet d’éviter de monter verbalement en symétrie avec l’enfant ou de casser le relation et aide pour proposer des pistes de solutions envisageables pour résoudre le conflit ou la difficulté rencontrée.
Toutefois, il ne s’agit pas de décourager l’enfant de se sentir en colère ou frustré. Le premier réflexe de l’adulte est souvent de diriger l’enfant loin de lui, mais cela peut être une tactique nuisible. Encore une fois, écouter l’enfant, lui poser des questions pour savoir pourquoi il se sent de cette façon, puis l’aider en lui offrant des solutions possibles pour atténuer la situation difficile qu’il traverse.

Si vous souhaitez approfondir davantage ce thème, je vous conseille un bon livre « Parents efficaces » du Docteur Thomas Gordon.

La vérité sur le mensonge chez les enfants

L’honnêteté et la malhonnêteté sont apprises à l’école et à la maison. Les parents sont souvent inquiets face aux mensonges de leur enfant ou de leur adolescent.

Les jeunes enfants inventent et racontent souvent des histoires à dormir debout. C’est une activité normale parce qu’ils aiment écouter et inventer des histoires pour le plaisir. La majorité des jeunes enfants peuvent en général faire la distinction entre la réalité et le fictif. Pour cette majorité, c’est probablement davantage le résultat d’une imagination active que d’une tentative délibérée de mentir et c’est bon signe. En effet, ils déforment la réalité, ils ne sont ni méchants, ni rebelles car ils sont en train de traverser une phase de développement tout à fait normale et c’est un signe de bon développement. A l’inverse, l’absence de mensonge démontre souvent que l’enfant ne fait pas encore bien la distinction entre lui-même et autrui, à se détacher de ses parents et à grandir.

D’autres jeunes enfants peuvent éprouver une grande peine à dissocier la réalité et le fictif. La télévision, cet univers incertain où se mêle, indistinctement, l’imaginaire le plus pur et la réalité la plus crue, contribue largement à provoquer chez les jeunes enfants une énorme confusion entre la fiction et la réalité. L’écran de télé, en empiétant sur le temps de loisir et de rêverie, perturbe le développement de l’imaginaire chez une part des jeunes enfants. Un enfant en train de jouer dans une cour de récréation a ses propres représentations mentales et elles se dévoileront à travers des jeux auxquels l’enfant joue. En début d’année, un des mes élèves appréciait notamment jouer à Hulk dans la cour de récréation, cela lui procurait un sentiment d’invincibilité face à ses camarades qui devaient tomber par terre lorsqu’un coup (pour de semblant) leur était donné. Ce jeu initié par cet élève se rapporte au film de Hulk vu de trop nombreuses heures à la télévision, venant alors parasiter sa pensée. L’élève devient alors en quelque sorte l’otage de ces images.

Revenons à nos moutons. Un enfant plus âgé ou un adolescent peut dire un mensonge en étant égoïste pour essayer de sortir d’une corvée ou d’une tâche par exemple. Les parents doivent être patients face à ces mensonges et transformer chaque situation en une occasion de lui apprendre, de manière calme et constructive, la sincérité, l’honnêteté et la confiance.

Certains adolescents découvrent que le mensonge peut être considéré comme acceptable dans certaines situations tel que ne pas dire à un petit ami ou à une petite amie les vraies raisons de la rupture parce qu’ils ne veulent pas blesser les sentiments de l’autre. D’autres adolescents peuvent mentir pour protéger leur vie privée ou pour les aider à se sentir psychologiquement distincts et indépendants de leurs parents.

Les parents sont les modèles les plus importants pour leurs enfants. Lorsqu’un enfant ou un adolescent ment, il est bénéfique pour les parents de prendre le temps de discuter sérieusement la différence entre la fiction et la réalité, le mensonge et la vérité. Essayer de comprendre les raisons exactes qui ont amené l’enfant à dire un mensonge et lui proposer des alternatives. Un parent devrait donner l’exemple et ne pas mentir. Des conséquences claires et compréhensibles devraient être discutées et mises en place le plus tôt possible avec l’enfant.

Cependant, certaines formes de mensonges sont préoccupantes et pourraient indiquer un problème émotionnel sous-jacent. Certains enfants qui connaissent la différence entre la vérité et le mensonge, racontent des histoires complexes qui semblent crédibles. Les enfants ou les adolescents racontent généralement des histoires fausses avec enthousiasme, car ils reçoivent beaucoup d’attention lorsqu’ils les racontent.

D’autres enfants ou adolescents qui semblent responsables, prennent la mauvaise habitude de mentir. Ils sentent souvent que le mensonge est la meilleure façon de traiter les demandes des parents, des enseignants et des amis. Ces enfants ne cherchent pas à être mauvais ou malveillants, mais quand le mensonge devient pathologique, il faut s’en inquiéter. Cela peut cacher un réel mal-être chez l’enfant.

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