Les loisirs et les compétences scolaires de l’enfant

Les loisirs comportent de nombreux avantages pour l’enfant. Cela lui donne l’occasion de s’exprimer, de se découvrir et de construire son estime de soi entre autres.

Référez-vous à l’article « Construire ou reconstruire l’estime de soi de votre enfant » qui a été publié le 1er mai si vous souhaitez en savoir davantage concernant cette thématique.

Parenthèse effectuée, les loisirs ont également l’avantage de permettre à l’enfant d’apprendre de nouvelles choses en s’amusant sans avoir l’impression de travailler et c’est vraiment sensationnel pour lui. Un enfant intéressé par la collecte des roches par exemple apprend sur la géologie et la science tandis qu’un enfant passionné par l’invention et l’écriture d’histoires apprend sur la structure de la phrase et la grammaire. Les loisirs apprennent à l’enfant à établir et à atteindre des objectifs, résoudre des problèmes et prendre des décisions. Les centres d’intérêts de l’enfant peuvent également souvent lui donner envie à l’avenir de poursuivre ses futures études en lien avec sa passion.

Les enfants qui ont des loisirs suivent généralement les loisirs de leurs parents car ils ressentent si l’on est passionné par quelque chose et y adhèrent avec passion également. Au contraire, il est beaucoup plus difficile de transmettre à l’enfant quelque chose par lequel nous ne sommes pas spécialement passionné. L’enfant aura besoin d’espace pour pratiquer sa passion, ainsi il sera nécessaire de trouver avec lui une zone désignée spécifiquement pour qu’il puisse travailler, enfin disons plutôt pour qu’il puisse s’épanouir dans sa passion ! 🙂

Il est essentiel au début d’offrir un étayage à l’enfant afin de l’orienter, le soutenir et l’encourager. C’est le moment opportun de lui apprendre des bonnes habitudes de travail telles que suivre des instructions de manière attentive et précise ou encore à établir, suivre des d’objectifs et bien planifier l’atteinte de ces derniers. Montrer à l’enfantqu’il est tout à fait normal, quand il commence à devenir frustré face à un obstacle rencontré et même avant, que cela lui demande des efforts et nécessite de la pérsévérance de sa part. C’est aussi le moment opportun pour lui parler de sa responsabilité personnelle et de lui montrer combien il est important de bien prendre soin de son lieu de travail et de son matériel.

Les enfants seront bien évidemment plus encouragés à travailler sur leurs passions si les activités comme regarder la télévision ou jouer à des jeux vidéos sont limités :). Il a été noté par les experts que vers l’âge de 15 ans, la moyenne des enfants a passé davantage de temps devant la télévision que dans une salle de classe !!! Encore une fois, montrer le bon exemple aux enfants est crucial. Au lieu que l’enfant regarde quatre heures de TV le samedi, éteindre l’écran TV et l’enfant s’investira plus facilement sur sa passion qu’il aura du plaisir à poursuivre. Cela aura l’avantage de favoriser son développement.

Pour les jeunes enfants entre 1 et 4 ans, comme le souligne le professeur Marcel Rufo dans son nouvel ouvrage intitulé « Tu réussiras mieux que moi » et qui sera d’ailleurs notre invité pour une prochaine Interview, il met en évidence que les enfants de milieux modestes ou de l’immigration sont en retard à leur entrée à l’école enfantine (ou petite section de maternelle en France). Ils sont timides, inhibés et s’expriment avec difficulté dans leur langue (dans ce cas le créole seychellois). Il souligne tout particulièrement le rôle positif des crèches pour les enfants de milieux défavorisés car il améliore le comportement de ces enfants à l’entrée en maternelle (moins d’inhibition et meilleur langage). C’est très positif car cela favorise leur réussite scolaire.

Les loisirs et les passions sont des parties gratifiantes et enrichissantes de nos vies. Il est ainsi essentiel de faire en sorte à encourager un enfant à explorer ses propres intérêts et lui offrir les moyens de les développer dans le cadre familial. Cela l’aide à améliorer son expression, l’aide à se découvrir et l’aide à prendre confiance en lui.

Savoir tirer parti de ses erreurs et de ses réussites

Tout le monde fait des erreurs. Si vous n’en faites pas, ce n’est vraiment pas normal. Certaines erreurs sont plus importantes que d’autres et elles sont plus difficile à surmonter certes, mais elles font partie de la vie. Ce qui fait la différence en terme d’estime de soi, c’est la façon et l’état d’esprit d’un individu à faire face et à gérer ses erreurs ou ses échecs. Plus l’on enseigne à un enfant tôt que faire des erreurs est normal, à les admettre et que ce n’est pas un crime et plus il va développer cette capacité à y faire face sans y laisser « sa peau » ;). Il reconnait qu’une erreur a été commise et l’admet. Plus important encore, cet enfant développera aussi une stratégie pour changer l’erreur et la stranformer en réussite. Il est également important de lui faire ressentir qu’il est capable et croire en ses capacités. A relever que les situations de maltraitances physiques ou psychologiques, où une pression de réussite, d’efficacité est mise sur l’enfant, ne font que le faire souffrir et le démolir.

Apprendre de ses erreurs est une compétence précieuce parce que l’apprentissage consiste à se lancer dans l’inconnu et à risquer. En effet, une situation d’apprentissage est toujours quelque chose d’angoissant car il faut abondonner quelque chose que l’on connaît pour aller vers quelque chose que l’on ne connaît pas. C’est donc une mise en risque continuelle du sujet et chez certains enfants, elle n’est pas supportable psychiquement d’où cette tendance à s’opposer face à la situation d’apprentissage : « […] je suis persudadé que les enfants intelligents qui n’arrivent pas à la maîtrise des savoirs fondamentaux voient se réveiller dans la situation d’apprentissage des craintes souvent anicennes et toujours en liaison avec leurs premières expériences éducatives » (Boimare, 2004). Lui apprendre qu’il est tout à fait normal de ne pas réussir du premier coup le plus tôt possible lui montre qu’on ne peut atteindre la perfection du premier coup.

Lorsqu’il voit une personne qui joue bien de la guitare par exemple, il souhaiterait savoir jouer comme lui d’un coup. Il ne voit en quelque sorte que le résultat final d’un long travail d’apprentissage du guitariste et il s’agit de lui faire prendre conscience que cela a demandé beaucoup de travail, d’ajustements et de persévérance de sa part pour y parvenir. Si le guitariste amateur avait arrêté à la moindre erreur, il n’aurait pas joué ce magnifique morceau de musique.

Les enfants qui ont une faible estime d’eux-mêmes prennent l’erreur donc tout à fait différemment et ils utilisent l’expérience négative pour se dévaluer. Bien souvent, ce sont des perfectionnistes très exigeants envers eux-mêmes et à la moindre erreur, ils se disent que c’est foutu ! Au lieu de tirer des leçons positives de l’erreur commise, ces enfants interprètent l’expérience comme une raison d’arrêter l’apprentissage (jouer à la guitare par exemple) et ne jamais essayer de nouveau. Ils considèrent ces erreurs comme une dévalorisation et une expérience humiliante.

Il est donc essentiel d’aider l’enfant à faire face à des erreurs en s’assurant d’abord qu’il comprend que tout le monde fait des erreurs, y compris les adultes. Il est ainsi essentiel de lui montrer nos propres erreurs et lui apprendre qu’il n’y a pas de honte à les faire, bien au contraire. L’erreur représente une excellente occasion de dire à l’enfant ce que l’on a appris à faire différemment la prochaine fois (stratégies pour transformer les erreurs en occasions d’apprentissage). Aider l’enfant à se rendre compte que l’erreur est le problème et pas lui. Ensuite, l’aider à élaborer un plan positif pour la prochaine fois et ce qu’il va faire différemment à l’avenir pour éviter de faire la même erreur. Ceci constitue un véritable apprentissage transversal, il pourra être utilisé pour tout nouvel apprentissage.

Le rôle du jeu dans le développement des enfants

Nous avons tous entendu le terme « Oh, c’est un jeu d’enfant. » Cela renvoie à quelque chose de facile, frivole et le jeu est souvent dévalorisé car il renvoie à l’amusement. Toutefois, il est essentiel au développement mental, social, émotionnel et physique de l’enfant. Par ailleurs, l’apprentissage ou l’introduction de nouvelles notions scolaires par le jeu se révèle également être très efficace pour tous les enfants et il convient particulièrement bien aux enfants en grande difficulté scolaire. Il fait partie des outils indispensables de l’arsenal pour raccrocher l’enfant aux apprentissages scolaires. Le jeu est ainsi essentiel à tous les domaines de la croissance et du développement d’un enfant.

Le jeu mobilise l’énergie positive de l’enfant et il faut profiter de cet enthousiasme que suscite le jeu pour faire progresser l’enfant. Le jeu renforce et affine les petites et grandes habiletés motrices. Par ailleurs, il accroît également l’endurance et la force.

L’apprentissage sensoriel se développe la plupart du temps par le jeu. Il favorise également la mémorisation, la créativité, l’attention entre autres (compétences transversales). Le jeu est important pour le développement physique, la croissance et le développement de l’enfant ne pourrait s’effectuer normalement sans la phase de jeu. En effet, l’enfant se développe par la travail qui intègre la dimension plaisir qui n’exclut pas l’effort.

Les enfants possèdent une curiosité naturelle. Ils explorent, apprennent et donnent un sens à leur environnement en jouant. Cette activité d’apprentissage doit être mise en place en veillant à l’âge approprié des jeux auquels l’enfant joue en fonction de son niveau.
Le jeu permet également aux enfants de connaître des choses sur le monde et d’apprendre. Par le jeu, les enfants peuvent notamment apprendre les concepts de base tels que les couleurs, le comptage, la façon de construire des choses ainsi que la mise en place progressives de stratégies gagnantes. La pensée et les capacités de raisonnement sont ainsi à l’œuvre chaque fois qu’un enfant se livre à un certain type de jeu.

Les enfants apprennent à se décentrer (attendre leur tour pour jouer par exemple), devenir autonome et obéir à des règles. Ils apprennent également à appartenir à un groupe et à faire partie d’une équipe. Autre aspect bénéfique : Le jeu permet aux enfants d’obtenir, de conserver les amis tout en s’amusant, de s’épanouir et améliore l’estime de soi (compétences de socialisation). Les jeux symboliques, tels que jouer au docteur, à la maman etc, permettent d’exprimer l’émotion comme la colère, la peur, la frustration, le stress et découvrir des façons de faire face à ces sentiments et les maîtriser.
Les jeux d’assemblage tels que construire des bâtiments et des villes imaginaires avec des blocs ou encore construire avec les moyens du bord une tente au milieu du salon pour faire du camping est très constructif pour les enfants ! Si si ! 😉