Comment réagir face à un enfant qui pleure sans cesse

C’est irritant, c’est frustrant et ça tape sur les nerfs. Bien que cela soit inacceptable, la pleurnicherie est l’un des moyens pour votre enfant d’attirer votre attention. Mais, comme d’autres mauvaises habitudes, vous pouvez les diminuer en employant quelques stratégies simples pour apprendre à votre enfant qu’il existe d’autres manières appropriées et efficaces de communiquer avec vous.

Tout d’abord, essayer de limiter les situations qui le déclenchent comme faire les commissions lorsqu’il a faim ;). Ne le laissez par exemple pas s’impliquer dans un jeu frustrant ou un projet avant le coucher. Il est également utile de lui annoncer une mauvaise nouvelle à l’avance comme par exemple: «encore deux carrousels et ensuite on rentre à la maison». Lorsque l’enfant sait à quoi s’attendre, il est en général plus à même de s’adapter que si on lui annonce soudainement, «maintenant on rentre à la maison».

Faites attention lorsque votre enfant vous parle. La pleurnicherie est parfois une réaction lorsqu’un enfant sent que vous ne lui donnez pas toute votre attention. Se référer à l’article « comment écouter les enfants s’exprimer » publié le 21 juin 2014 pour davantage d’information à ce sujet.

Lorsque le pleurnichement commence, ne pas réagir de façon excessive. Gardez une réponse simple, calme et neutre en ne vous laissant pas affecter car l’enfant cherche justement à faire que l’adulte cède lorsqu’il se met à pleurnicher parce qu’il désire faire cesser son comportement. Lui demander de répéter la demande sur un ton régulier et sans pleurnicher est important. Comme le souligne M. Jorge M. Dias Ferreira dans l’interview, le plus important est de ne pas céder aux caprices de l’enfant. Si l’adulte cède, l’enfant va alors déduire que la pleurnicherie est un bon moyen d’obtenir ce qu’il veut. Or, il s’agit de lui faire comprendre qu’il peut parler à l’adulte sans pleurnicher et il va falloir l’accompagner lorsqu’une telle émotion le submerge. Il a en effet besoin de l’adulte pour se contrôler et il va falloir le rassurer, lui parler avec calme et bienveillance, lui dire qu’il a le droit d’être en colère et lui expliquer pourquoi il ne peut pas avoir ce qu’il convoite. L’ignorer jusqu’à ce qu’il parle correctement et le féliciter pour cela une fois qu’il y parvient. Il s’agit ainsi de faire preuve de compréhension et de patience.

Parfois, pleurnicher peut être le résultat d’un traumatisme et de la difficulté rencontrée dans sa vie. Un divorce, une maladie, des difficultés familiales ou encore de graves problèmes à l’école peuvent être à l’origine de ce comportement. Il s’agira alors de porter une attention particulière et de qualité dans ce cas là pour que votre enfant puisse surmonter ce moment difficile. Votre pédiatre peut également aussi proposer des alternatives pour faire diminuer voire disparaître la pleurnicherie si l’écoute active et les autres moyens mis en oeuvre ne suffisent pas.

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Comment s’occuper et aider l’enfant à grandir

Cette semaine, je partage des informations autour d’une superbe formation que j’ai suivie la semaine dernière sur « la violence à l’école et la carence d’autorité éducative » qui a été donnée par M. Jorge M. Dias Ferreira, psychologue scolaire au Service de l’enseignement, de l’évaluation et du suivi de l’élève auprès de la direction générale de l’enseignement obligatoire et qui par ailleurs, représente une ONG auprès de l’ONU. A titre d’information, cet article constitue de simples notes de cours et n’ont donc pas la prétention d’être exhaustives par rapport à l’ensemble du contenu qui a été traité durant la formation.

Dans notre société actuelle de consommation, la culture dominante prône souvent des « pseudos valeurs » relatives au fait de vouloir avoir tout, tout de suite, avec le moindre effort possible, le maximum de plaisir et le maximum de rentabilité. Les enfants peuvent être victimes d’un tel système qui peut aboutir à la « chosification » de la personne humaine. La personne devient ainsi un simple moyen or il faut qu’elle soit la finalité. Afin qu’un enfant puisse bien grandir, quelques conditions doivent être réunies, au risque d’engendrer des troubles du développement affectif qui engendrent à leur tour des difficultés cognitives chez l’enfant. Pour qu’il puisse bien grandir, l’autorité de l’adulte est alors nécessaire à son épanouissement.

Mais que signifie au juste le mot autorité ?

Il vient du latin auctoritas qui est relatif à auctare et augere et qui signifie favoriser, augmenter (rendre plus grand et plus considérable). Se référer à l’article ci-joint :

Carence d’autorité éducative

Il ne faut pas le confondre avec autoritarisme, synonyme de tyrannie et qui signifie la tendance d’une personne à abuser de son autorité, à l’exercer avec rigueur et qui cherche à l’imposer.

Pour éviter les troubles du développement affectif et les difficultés cognitives, comme le souligne M. Jorge Dias Ferreira, il s’agit de faire preuve d’autorité envers l’enfant : « Du point de vue éducatif, l’autorité des parents est aussi nécessaire aux enfants que l’affection […] un père ou une mère qui exerce son autorité ne le fait pas pour affirmer sa personnalité, mais pour aider l’enfant à dépasser une difficulté, pour le protéger d’un danger, lui permettre de se développer et de devenir indépendant. Par contre, l’autorité familiale mal comprise, rigide, tyrannique est aussi néfaste que la carence d’autorité éducative. Sans l’autorité, l’éducation est incertaine, la personnalité reste faible et inconstante, la conscience morale devient déficiente, l’individu vit dans l’insécurité et l’anxiété» (Educateur, pp 24-26, octobre 2002).

Le film « La cité de Dieu » qui se déroule dans un quartier violent de Rio de Janeiro et cela illustre parfaitement les conséquences réelles d’une carence d’autorité éducative, le mal-être, l’agressivité et la violence extrême que cela engendre pour les enfants vivant dans ce quartier très pauvre. Un excellent film à voir absolument 😉

Stanislas Komkewiczs, psychiatre et psychothérapeute, a étudié des détenus durant une longue période et il a étudié leur histoire. Il a fait le constat que les détenus avaient des facteurs communs qui pouvaient expliquer certains actes violents commis.

Exemples :

  1. Carence affective dans la petite enfance.
  2. Violence subie par les parents, notamment par le père.
  3. Dépendance à l’alcool, la drogue…

La criminologie s’est posé la question à propos des violences commises : Quel est le point qui est commun aux gens qui ont commis des actes violents ? Comment se fait-il que certains font des actes violents d’un seul coup, alors qu’ils n’avaient pas de passé judiciaire ? Le constat est que ces gens ont évolué dans un milieu familial et scolaire dans lequel il n’y avait pas de limites, de normes et sans jamais avoir eu de sanctions éducatives et sans jamais avoir eu de sentiment de culpabilité. Le problème avec cette absence de normes est que l’enfant ne développe pas le sentiment de culpabilité et lui envoie le message qu’il peut continuer et cela favorise malheureusement le crime. Il est donc essentiel d’investir l’enfant et de l’aimer sans condition. Ne pas aimer l’enfant parce que c’est un bon élève car si le fait d’exister est tributaire de réussir à l’école, cela ne sera pas bien pour le développement de l’enfant.

Par ailleurs, l’enfant éprouve le besoin de se confronter pour grandir. Vers l’âge de 2 ans et demi, l’enfant commence à s’affirmer en disant non. Cela signifie : laissez moi exister, laissez moi grandir. Le laisser s’affirmer tout en gardant le lien avec lui est essentiel. La confrontation engendre chez l’autre l’être et la vie et l’aide à devenir lui même, à s’affirmer et l’aide progressivement à savoir qui il est. Sinon, il ne grandit pas et surtout il risque d’avoir très peur d’avoir de créer un lien d’amitié avec quelqu’un dans la crainte d’être étouffé.

L’autorité est donc nécessaire pour que l’enfant puisse bien grandir et cela l’aide à affronter les difficultés du quotidien. Frankl Viktor, professeur autrichien de neurobiologie et de psychiatrie, a par ailleurs remarqué que les personnes qui à Auschwitz parvenaient le mieux à affronter les difficultés du quotidien et lutter pour la survie étaient des gens qui arrivaient à donner un sens à leur vie en ayant un but bien précis à atteindre comme par exemple l’écriture d’un livre, retrouver sa famille que l’on aime etc. Frankl tire la conclusion que ceux qui arrivent à donner un sens à leur vie avaient davantage de motivation, plus d’intérêt et parvenaient à faire face aux frustrations plus facilement, à faire face aux exigences du quotidien et même à transformer les obstacles en tremplin pour aller plus loin. De même, des enfants qui découvrent le sens de leur travail changent également d’attitude et de comportement ! Du  point de vue psychologique, tout enfant a la capacité à être altruiste, d’aimer, de donner et la capacité de haïr, de nuire et faire du mal. Nous avons tous la capacité de libre arbitre qui nous caractérise.

Il existe plusieurs sens donnée à l’agressivité :

  1. La bonne agressivité face à la vie, la petite montée d’adrénaline qui motive vers l’action. En revanche, trop d’angoisse n’est pas bon.
  2. L’agressivité qui est synonyme de violence.

Comment comprendre la violence ? Peut-on la comprendre ?

La violence a une signification psychologique et le constat est que les actes violents existent toujours dans des situations de communications interpersonnelles. Communiquer, c’est échanger intentionnellement ou non. La communication est une manière de manifester un comportement et la violence exprime toujours une tension qui ne peut plus être contenue par le psychisme. Cette tension surgit lorsqu’un enfant a un sentiment d’une rupture communicationnelle émotionnelle avec les autres, comme le fait de ne pas être reconnu ou d’être ignoré qui est la pire des violences que peut subir un enfant. En effet, c’est ignorer l’existence de l’autre. La pyramide de Maslow indique les besoins fondamentaux et parmi ces besoins figure le besoin d’exister et d’être reconnu. Or, le fait de ne pas être reconnu provoque une blessure au niveau de l’être qui est touché violemment dans l’estime de soi et encore davantage lorsque qu’il y a une intentionnalité derrière. Cela touche l’être psychologique et la réaction qui s’en suit est une attaque agressive soit contre une personne ou soit qui peut être déplacée sur des objets.

L’enfant manifeste un besoin paradoxal de sortir de l’exclusion et d’entrer à nouveau dans le groupe par la suite et de communiquer avec lui. Or, l’enfant violent ne parvient à trouver le moyen adéquat pour communiquer et cela provoque alors le rejet, la souffrance et l’enfant aura tendance à monter en symétrie. La violence est en quelque sorte le seul moyen pour imposer sa présence puisqu’il ne sait pas comment s’y prendre différemment pour s’insérer dans un groupe.

Il est nécessaire que l’enfant répare ses gestes avant de rejoindre le groupe. S’il abîme par exemple du matériel, il devra le réparer. Il s’agit de trouver une sanction qui ait du sens pour lui. Eviter à tout prix de punir un “[…] élève en lui donnant un livre à lire pendant les vacances ! Comme s’il fallait, dans l’esprit d’un élève difficile, associer lecture et punition !” (Educateur, pp 24-26, octobre 2002).

Le SRED  (service de recherche en éducation), Famille, Ecole et Quartier a essayé de comprendre les raisons de l’échec scolaire ou des problèmes de comportement chez les élèves. Il ressort de l’étude que les élèves qui avaient des problèmes scolaires et de comportement vivaient subjectivement un sentiment d’exclusion. L’étude a été plus loin et a démontré que ces élèves appartenaient également à des familles qui étaient elles-mêmes exclues socialement. Elle vient attaquer le besoin narcissique, de l’estime de soi de l’enfant. L’exclusion de l’enfant provoque des dégâts.

Lorsqu’un enfant en agresse un autre, il y a derrière un besoin de contrôler quelqu’un, de dominer quelqu’un parce qu’il ne parvient pas à se contrôler lui-même (faiblesse au niveau du développement affectif qui entraîne ce besoin de domination). Faire subir quelque chose à un animal par exemple pour qu’il se comporte d’une certaine manière, comme si le fait de contrôler l’autre pouvait d’une certaine manière donner l’impression d’avoir un contrôle sur soi-même.

Lorsque l’enfant est contrarié, l’aider à nommer l’émotion, lui donner du afin qu’ils puisse le transformer dans une possibilité d’accomplissement. En effet, il existe des enfants qui ont vécu une enfance catastrophique et qui ont pu faire le saut de l’autre coté et sont devenus extrêmement doués dans les domaines où ils n’étaient pas doués.

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