Comment aider l’enfant de 6 à 10 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

6 à 7 ans : Grande sensibilité à la notion de justice. Lui faire la morale ne fonctionne pas. Il apprécie que l’on approuve ses bons comportements et cela le motive pour persévérer dans ses efforts. Il commence à être capable de s’auto critiquer.

8 à 10 ans : Compréhension et mise en place de l’autodiscipline pour diminuer les comportements indésirables. La connaissance de soi est bien forgée, il commence à avoir du bon sens et à faire la différence entre ses droits et ses devoirs. Il apprend à assumer ses responsabilités.

Ainsi, au lieu de devoir répéter 10 fois à un enfant de 7 ans ce qu’il doit faire continuellement, lui laisser plutôt l’opportunité d’organiser tout seul son emploi du temps (lui donner une responsabilité qui le valorise). Un enfant qui regarde trop d’heures de télévision par jour se verra ainsi confié la responsablité d’organiser tout seul son emploi du temps à partir de 16h00 lorsqu’il rentre de l’école jusqu’au repas du soir. Convenir avec lui du temps qu’il lui faudra pour goûter, pour faire ses devoirs et pour prendre sa douche. S’il l’enfant est trop en retard sur son programme, on le lui le lui fera pas remarquer mais le lendemain, sa demi-heure de télé sera supprimée pour rattraper le temps qu’il a dépassé la veille.

Ainsi, lorsqu’il y a une résistance passive, mieux vaut éviter de tout vouloir contrôler et lui donner la responsabilité d’organiser son temps (autodiscipline). C’est ainsi lui donner davantage de liberté et lui laisser faire des choix : choisir librement l’activité sportive, artistique ou musicale, mais il doit s’engager à y aller régulièrement. Il peut choisir s’il veut ranger ses jouets avant ou après son bain, mais il doit le faire avant le repas.

Lorsqu’il accomplit bien sa responsabilté, le mettre en valeur par des compliments tels que « ça me fait plaisir de te voir organiser tout seul ton emploi du temps et de le respecter, je n’aurai pas mieux fait à ta place ! ».

Lorsqu’un enfant de 8 ans cherche à attirer l’attention ou commet une bêtise, mieux vaut ne pas montrer son énervement à l’enfant en s’attardant sur la faute commise mais plutôt s’attarder sur la qualité de la réparation. Cette dernière doit-être réfléchie (c’est l’enfant qui propose une réparation à l’enfant lésé) et acceptée par l’enfant lésé. Dans le cas où un frère embête sa petite sœur, il pourrait par exemple chanter avec sa petite sœur tout son répertoire de chansons préféré de maternelle. Lorsque la réparation est faite, féliciter l’enfant.

Lorsqu’un enfant de 10 ans casse quelque chose, dans le même ordre d’idée, lui faire réparer sa faute est très important. Les excuses à elles seules ne font en effet pas comprendre à l’enfant ses erreurs. Il s’agit donc de réparer, dans notre cas, il devra par exemple payer avec son argent de poche l’objet cassé. S’il refuse, à nouveau, ne pas entrer dans son jeu d’opposition et lui signaler qu’il devra désormais attendre un mois avant d’avoir un nouvel objet que vous aviez prévu de lui acheter le lendemain. Le montant servira ainsi en partie à l’achat de l’objet cassé. Si un objet couteux a été cassé, ne pas lui supprimer tout son argent de poche du mois mais une partie. De même, pour les sanctions de tpye mise à l’écart, cela va de l’ordre de quelques minutes et non une heure. Un objet sera confisqué un ou deux jours, pas plus. S’il a insulté, il fera un mot gentil pour montrer qu’il apprécie celui qu’il a blessé.

A force de faire ainsi systématiquement, cela va rendre l’enfant progressivement plus compétent et autonome. Lui laisser également inventer la sanction en cas de manquement est une belle preuve de responsabilité à lui donner. Il n’en sera que plus vigilant.

Mettre en place des conséquences agréables lorsque l’enfant fait bien les choses. Un peu de gloss brillant pour une fille qui n’aura pas dit de gros mots durant la journée ou un bain moussant pour celui qui aura laissé la salle de bain impeccable après chacun de ses passages.

Lorsque un enfant de 10 ans refuse de coopérer pour une tâche ménagère par exemple, la semaine suivante, l’enfant se verra confier une tâche supplémentaire. L’idéal est d’afficher le programme sur le frigo. Laisser à l’enfant choisir au tout début la tâche que l’enfant préfère faire. Si deux enfant choisissent la même tâche, tirer au sort.

Tourner en jeux ou en compétition certaines tâches fastidieuses. Par exemple, celui qui arrive à ramasser le plus de déchets dans la cour de récréation ou dans le jardin a gagné. Un deux trois c’est parti !

Lorsqu’il y a un conflit, expliquer le rôle de l’adulte et lui permet de bien accepter les consignes. L’écoute active est également un outil précieux afin de soulager sa colère ou sa tristesse.

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.