Venir au monde entre nature et technologie

Cette semaine, je partage des informations autour d’une sensationnelle conférence qui a eu lieu le samedi 17 mars 2018 et intitulée : “Venir au monde entre nature et technologie”, proposée dans le cadre des 20 ans du Centre Brazelton Suisse. Elle eut lieu quatre jours après le décès du fondateur le Dr T. Berry Brazelton. Ses travaux ont changé le regard porté sur la petite enfance, considérant désormais le bébé comme une personne à part entière. Voici l’accès au site du centre Brazelton.

 

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Nadia Bruschweiler-Stern est la fondatrice et la directrice du Centre Brazelton Suisse. Elle a commencé la journée en rendant hommage au Dr T. Berry Brazelton: “un esprit curieux, charismatique, optimiste, ouvert et généreux.” Elle a rappelé qu’aujourd’hui les modes de vie sont souvent le fruit de non-choix, alors qu’il est important de penser, par exemple, à l’usage des technologies avant la naissance d’un enfant.

L’animatrice de la journée, Isabelle Moncada (journaliste, présentatrice et productrice RTS), a salué en Nadia Bruschweiler-Stern une “fille de Berry Brazelton”.

Un article de la Tribune de Genève présente des informations en rapport avec le contenu de cette journée de conférence.

A titre d’information, cet article constitue de simples notes de cours et ce résumé n’a donc pas la prétention d’être exhaustif par rapport à l’ensemble du contenu qui a été abordé durant cette conférence.

Un lien entre obésité et écrans ?

Mme Nathalie Farpour-Lambert, pédiatre et présidente de l’association européenne pour l’étude de l’obésité, constate une explosion de l’obésité infantile: 42 millions d’enfants de moins de 5 ans en excès de poids dans le monde. Elle explique que l’addiction au sucre serait plus puissante que l’addiction à la cocaïne, et elle constate que l’industrie du sucre investit des millards pour produire plus et pour faire la promotion de cette consommation en forte augmentation. Un des conseils qu’elle présente est : « pour un enfant de moins de 2 ans, pas de sucre ajouté et pas d’écran »

Nathalie Farpour-Lambert alerte: “Le temps passé devant les écrans est associé à l’augmentation de problèmes d’obésité.

Une présentation en ligne comprend de nombreuses informations en rapport avec le développement de l’obésité, et notamment les 4 diapositives suivantes:

Les diapositives ci-dessus présentent:

Reportage intéressant à propos de la production du sucre (RTS, Mise au point).

Trop de lumière artificielle ?

Francine Behar-Cohen, ophtalmologue, a décrit les diverses qualités des lumières naturelles et artificielles; « La lumière du jour est parfaite », a-t-elle souligné. Des recherches indiquent un léger rapport entre le temps passé en plein air et la myopie, surtout pour les enfants de moins de 6 ans (et encore dans une moindre mesure jusqu’à 12 ans): plus un enfant passe de temps à la lumière du jour, moins il est susceptible de développer une myopie.

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Une diapositive indiquait que l’incidence de la myopie a doublé en 25-30 ans. Les écrans figurent dans la liste des facteurs à prendre en compte, aux cotés de l’alimentation, des polluants, de la sédentarité, de la lecture et de la lumière.

En rapport avec la perception des rythmes circadiens (cycles biologiques durant environ un jour), Francine Behar-Cohen a souligné l’importance de la lumière bleue à laquelle nous sommes très sensibles: « les éclairages enrichis en lumière bleue avant le coucher perturbent les rythmes circadiens, les écrans aussi. » Par exemple, regarder un écran durant la nuit peut perturber un rythme circadien.

 

On trouve un même constat dans le document « Risques potentiels des nouveaux types d’éclairage pour les yeux des enfants »:

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Les lampes de chevet à LED blanc froid peuvent entraver l’endormissement et modifier les rythmes générant des réveils difficiles et des fatigues matinales.

 

 

« Les interactions précoces au risque des écrans », par Serge Tisseron

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Le psychiatre de renom a mentionné des constats et questionnements majeurs en rapport avec l’usage d’écrans pendant la petite enfance.

Son blog propose un contenu riche et actualisé en rapport avec ses recherches et conseils.

D’emblée Serge Tisseron pose des questions qui touchent à des habitudes dont nous ne mesurons sans doute pas toujours la portée potentielle. Exemple avec maman et papa qui donnent l’impression de s’intéresser plus à leur smartphone qu’à leur bébé. Comment cela peut-il peser sur le lien d’attachement?

L’exemple d’une campagne d’affichage a été cité: « combien de fois avez-vous regardé votre enfant aujourd’hui? ». Article intéressant à ce propos dans le Nouvel Obs. La campagne menée en Allemagne pour questionner certaines habitudes familiales vaut le détour.

Bébé recherche le contact visuel. Si l’adulte concentre son attention visuelle sur un écran, le message induit pourrait être que le contenu de cet écran est important et attractif. Plus tard, l’enfant peut considérer l’écran comme une forme de refuge habituel contre le sentiment d’abandon.

Dites-moi dans les commentaires si vous souhaitez recevoir les conseils, je vous enverrai alors les diapositives au contenu très important à prendre en compte pour gérer au mieux les écrans, de 0 à 12 ans (mais sans doute aussi avant et après).

Voici encore quelques perles présentées par Serge Tisseron, à méditer, discuter et faire connaître:

  • être devant un écran, c’est utiliser le sens de la vue et celui de l’ouïe; pour se développer harmonieusement, l’humain doit utiliser ses 7 sens: vue, ouïe, toucher, odorat, goût, équilibration (gestion du mouvement) et la cénesthésie (perception de son corps) (une présentation des 7 sens disponible ici);
  • l’enfant a besoin de se concentrer pour construire sa capacité de concentration (idem pour l’adulte, au moment de la première leçon pratique d’auto-école par exemple): des petits jeux spontanés sont très importants pour bébé, qui doit pouvoir rester concentré sur un même objet, afin de pouvoir le faire par la suite dans des situations plus complexes;
  • apprendre à entasser des cubes soi-même ou voir des cubes entassés sur un écran: ce n’est pas la même chose, que choisir et quand?
  • en France les carnets de santé incluent le conseil de ne pas laisser de télévision allumée dans la pièce où se trouve un bébé;
  • le temps passé avec les écrans peut réduire le temps disponible pour des interactions entre personnes; or ces moments sont importants pour apprendre à identifier des mimiques et des émotions, faire preuve d’empathie, gérer la relation à l’autre; un risque de repli est induit, de même que le sentiment d’être agressé.e;
  • métaphore alimentaire: souvent les parents règlent les heures de repas et veillent à réduire le grignotage entre temps; quels horaires prévoir pour les écrans?
  • on n’éduque bien que par l’exemple: que font les adultes avec qui les enfants vivent? comment gèrent-ils les écrans?
  • les écrans peuvent donner lieu à de bons échanges oraux; il est important d’aider l’enfant à parler de ce qu’il a vu, car cela exerce sa capacité à la narrativité (savoir raconter, construire une histoire avec un avant, un pendant et un après);
  • les écrans ne sont pas un problème en soi; le fait de s’enfermer dans une activité compulsive est un problème potentiel;
  • encourager à l’autorégulation: discuter le temps pour les écrans avec les enfants, leur apprendre à attendre, à différer l’usage d’un écran;

Pour conclure, des conseils très pratiques:

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Et une activité à recommander chaleureusement: le jeu des trois figures.

« Premières relations, savoirs implicites et vitalité »

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Nadia Bruschweiler-Stern a souligné la complexité de la communication dans le développement humain. Elle s’est notamment appuyée sur le livre de Daniel Stern « Les formes de vitalité » pour mettre en lumière l’importance de se consacrer à une relation interpersonnelle, faite de « petites choses »: un glissement de regard, un changement infime, un petit geste.

Question: Comment une personne qui en observe une autre perçoit-elle ses sentiments? Les mouvements humains transmettent beaucoup d’éléments à prendre en compte. Chaque mouvement a un début, une durée, une fin, et il s’inscrit de façon spécifique dans l’espace.

La vie sociale est faite de moments d’échanges fondamentaux. Les bébés ne devraient pas se retrouver isolés. De terribles constats ont été fait dans des orphelinats par le passé. De grandes questions doivent se poser en rapport avec l’usage non adéquat d’écrans de nos jours.

Une forme fondamentale d’échanges entre humains se fait par le sourire. Extrait du livre « L’intelligence du corps » de Ingrid Auriol, qui cite Daniel Stern.

« Oser sa voix avec son enfants », par Jessica Comeau

Exemples pratiques de belles interactions, en dehors des écrans, entre adulte et bébé (puis enfant). Un fort encouragement à utiliser sa voix pour entrer en relation, et à aider l’autre à faire de même. Cette « voix qui permet le contact, qui relie, qui rassure, qui console, qui fait rire. »

“Votre voix contient des kilos de sécurité pour le petit, et pour l’adulte, pour toute relation avec quelqu’un en face à face.”

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Ecrivez-nous un commentaire si vous souhaitez voir la vidéo avec les conseils pratiques.

« Les représentations de soi, nature ou technologie », par Boris Cyrulnik

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Le psychiatre et psychanaliste Boris Cyrulnik a rappelé que l’acquisition du langage est une plaque tournante pour le bébé. Vers 20 mois, l’explosion du langage fait débarquer bébé dans le monde des représentations invisibles et des récits, et lui ouvre la possibilité d’entrer dans le monde mental de l’autre. « En 10 mois, bébé apprend toute langue maternelle, sans livre, sans école ou organisation institutionnelle, avec l’accent, donc avec mémoire du corps. »

En marge de ce qui a été présenté, on pourrait se demander dans quelle mesure ce que bébé entend à travers divers écrans et autres systèmes qui diffusent du son peuvent jouer un rôle dans cette phase majeure d’apprentissage.

La présentation de Boris Cyrulnik a permis de rappeler des fondamentaux du développement humain et de la vie en société. Pour chacun des points ci-dessous, on pourrait se demander ce que l’usage d’écrans pourrait favoriser, ou au contraire restreindre ou empêcher:

  • « notre cerveau est sculpté par nos rencontres, par nos relations »;
  • “la pire des maltraitances est la négligence affective ou la carence affective”;
  • « parler avec une personne, c’est établir avec elle un lien d’affection »;
  • « le milieu façonne, sculpte le développement du cerveau ».

 

Le mouvement dans les apprentissages des enfants, quels en sont les effets positifs ? Et les écrans ?

Inactivité et surpoids des enfants : 

Lorsque nous parlons d’inactivité et de surpoids, cela concerne déjà les enfants en bas âge. « Evidemment, c’est préoccupant, parce qu’on sait à quel point le surpoids est lié à l’instance de maladies chroniques. Quand ça commence aussi tôt dans la vie, ça augmente le risque, malheureusement, que l’embonpoint ou le surpoids soient aussi présents plus tard », explique Fannie Dagenais, nutritionniste.

Les enfants ne réalisent pas assez d’activité physique. A titre indicatif, les enfants âgés de 3 à 4 ans devraient effectuer 3h00 d’activité physique par jour, peu importe l’intensité. Pour les enfants de 5 ans, au minimum 1h00 d’activité physique modérée ou élevée par jour.

Certains enfants passent déjà un nombre d’heures considérables devant les écrans. La télévision plonge notre cerveau et notre corps dans une passivité proche de l’état hypnotique. Les informations regardées viennent donc directement s’inscrire dans notre subconscient.

Les écrans ont une influence négative sur les enfants, qui n’ont pas encore le cerveau assez mature pour filtrer les images qu’ils voient et qu’ils sont incapables de gérer. Il s’agit de limiter le nombres d’heures passées devant les écrans, ce ne sont pas des baby-sitters ;).

Le problème est donc que les écrans deviennent addictif pour les enfants et le temps passé devant les écrans va ainsi de pair avec l’activité physique car ils diminuent le temps dont disposent les enfants pour jouer, se dépenser etc.

Ils sont par ailleurs davantage susceptibles de développer des troubles attentionnels, des troubles du comportement et des troubles du sommeil. Le risque de surpoids est également plus élevée et augmente également de deux tiers le risque d’échec scolaire.

Quelques pistes d’actions réalisables à la maison ou à l’école : 

www.gonoodle.com, un site américain que beaucoup d’enseignants utilisent désormais aux Etats-Unis afin de rendre leurs cours plus dynamiques !

www.hoptoys.fr, un site français qui propose du matériel, du mobilier adapté aux enfants à besoin éducatifs particuliers ainsi qu’à ceux qui ont besoin de renforcer leur système vestibulaire et bien plus encore !

www.ecolebouge.ch, un site suisse qui a comme but de promouvoir le mouvement, tant à l’école que en dehors.

Les pauses en mouvement permettent d’introduire un rythme qui favorise l’apprentissage.

A titre indicatif, le temps de concentration chez l’enfant est de :

– 15 minutes chez les 5-7ans.

– 20 minutes chez les 7-10 ans.

– 25 minutes chez les 10-12 ans.

– 30 minutes chez les 12-16 ans.

Au regard de ces temps d’attention, il s’agit d’introduire des exercices qui permettent de se recentrer (ex. mouvement nez oreille). Leur apprendre à jongler en leur mettant à disposition 2 balles pour qu’ils puissent s’entraîner.

L’activité physique induit, à partir d’un seuil de charge d’env. 15 W (marche), une augmentation de l’irrigation du cerveau d’environ 30 %.

L’école en mouvement aide à la confiance en soi des élèves. Ils ont l’impression d’être des acteurs importants et d’assumer une part de responsabilité dans la vie de l’école. L’objectif est de promouvoir une activité physique quotidienne.

Mais comment intégrer le mouvement pour que cela ne surcharge pas l’enseignant ou les parents ?

– Instaurer au moins 20 minutes d’activité physique par jour.

– Pendant un trimestre au moins

– En plus des leçons d’éducation physique obligatoire.

Exercices sous la conduite de l’enseignant ou de coachs sportifs.

Il est également judicieux de mettre à disposition des cordes à sauter dans le préau car cela leur permet de renforcer leurs os ou leur proposer du footbag à la récréation.

L’école peut contribuer à ce que les individus mènent une vie saine, mais elle ne peut rien faire contre les conditions de vie malsaines ! Le sport n’est pas une religion de substitution!

Instaurer durant les moments de récréation du mouvement au travers d’activités où l’enfant est en mouvement car l’apprentissage est meilleur lorsque l’enfant apprend en bougeant, il assimile mieux les connaissances. Le système nerveux bénéficie ainsi de l’activité lorsque nous bougeons.

Il existe une différence entre l’âge chronologique et l’âge neurologique de l’enfant. Il va falloir aider l’enfant à maturer à l’aide du mouvement.

La posture et le tonus musculaire sont également importants : Certains enfants sont voutés et ils n’ont pas une construction musculaire suffisante.

S’ils n’ont pas assez d’équilibre, il leur sera davantage difficile de tenir facilement assis. Une partie de l’attention pour rester assis sera prise et l’enfant accordera moins d’attention au cours. De même, s’ils n’ont pas assez de tonus, ils auront davantage de difficulté à rester assis tranquillement sur une chaise. Cela leur demandera un gros effort que leur cerveau va devoir gérer, et ils seront donc moins attentifs, souligne Françoise Stabler, consultante en éducation à Genève.

Pour maintenir l’attention, il est également important donc de maintenir les enfants en mouvement et de les faire bouger.

Il est également bénéfique de renforcer les points suivants chez les enfants afin qu’ils puissent être davantage attentifs :

  • leur tonus musculaire
  • leur posture
  • leur tenue de leur tête
  • leur support à la vision
  • leur renforcement du système vestibulaire

Voici ci-dessous une vidéo intéressante de l’école en plein air.

Petit poème à partager en famille pour Noël

Qu’est-ce que Noël ?

 

Noël

Qu’est-ce que tu vois ?

De la lumière qui brille, des lumières sur les toits

Des cadeaux par milliers, des familles qui sourient.

 

Pendant ce temps, Dieu nous offrit son plus beau présent

Né dans une étable, Jésus son enfant.

 

Quand nous sondons le monde, des mots comme :

Famille, Vacances, Amour, Joie, Cadeaux

Mais qu’-est-ce donc Noël, Ho, Ho, Ho ?!?

 

Le monde n’avait pas de place pour lui

Joseph comptait rejeter Marie

Et pourtant, Jésus est le trait d’union

Des bergers et des Mages lui ont porté attention.

 

D’un petit enfant, Dieu incarne l’humanité

Sur terre, il envoie sa divinité

Pour apporter la paix sur terre

Et témoigner de l’amour du Père.

 

Souviens-toi, qu’en ce jour le sauveur est né

Et sans sa présence, il n’y aurait pas de cadeaux chaque année

Multiplies sont les occasions de le nier

Vies trop chargées, nous oublions que l’on peut être sauvé.

 

Il est la lumière dans ta misère

Quand le monde te pousse à bout de nerfs

Il t’aide à traverser les temps difficiles

Et te rend moins fragile.

 

Il est né pour nous

Même si nous demeurons dans le flou

Il est l’unique raison

De cette saison !

 

Alors rendons lui aujourd’hui hommage

Pour que son souvenir d’âge en âge se propage

Soyez en ce jour de fête bénis

Car de Lui découle toute source de vie.

 

Nous vous souhaitons un Joyeux Noël !!!

Poème composé par Kelly et Olivier.

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Comment aider l’enfant de 6 à 10 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

6 à 7 ans : Grande sensibilité à la notion de justice. Lui faire la morale ne fonctionne pas. Il apprécie que l’on approuve ses bons comportements et cela le motive pour persévérer dans ses efforts. Il commence à être capable de s’auto critiquer.

8 à 10 ans : Compréhension et mise en place de l’autodiscipline pour diminuer les comportements indésirables. La connaissance de soi est bien forgée, il commence à avoir du bon sens et à faire la différence entre ses droits et ses devoirs. Il apprend à assumer ses responsabilités.

Ainsi, au lieu de devoir répéter 10 fois à un enfant de 7 ans ce qu’il doit faire continuellement, lui laisser plutôt l’opportunité d’organiser tout seul son emploi du temps (lui donner une responsabilité qui le valorise). Un enfant qui regarde trop d’heures de télévision par jour se verra ainsi confié la responsablité d’organiser tout seul son emploi du temps à partir de 16h00 lorsqu’il rentre de l’école jusqu’au repas du soir. Convenir avec lui du temps qu’il lui faudra pour goûter, pour faire ses devoirs et pour prendre sa douche. S’il l’enfant est trop en retard sur son programme, on le lui le lui fera pas remarquer mais le lendemain, sa demi-heure de télé sera supprimée pour rattraper le temps qu’il a dépassé la veille.

Ainsi, lorsqu’il y a une résistance passive, mieux vaut éviter de tout vouloir contrôler et lui donner la responsabilité d’organiser son temps (autodiscipline). C’est ainsi lui donner davantage de liberté et lui laisser faire des choix : choisir librement l’activité sportive, artistique ou musicale, mais il doit s’engager à y aller régulièrement. Il peut choisir s’il veut ranger ses jouets avant ou après son bain, mais il doit le faire avant le repas.

Lorsqu’il accomplit bien sa responsabilté, le mettre en valeur par des compliments tels que « ça me fait plaisir de te voir organiser tout seul ton emploi du temps et de le respecter, je n’aurai pas mieux fait à ta place ! ».

Lorsqu’un enfant de 8 ans cherche à attirer l’attention ou commet une bêtise, mieux vaut ne pas montrer son énervement à l’enfant en s’attardant sur la faute commise mais plutôt s’attarder sur la qualité de la réparation. Cette dernière doit-être réfléchie (c’est l’enfant qui propose une réparation à l’enfant lésé) et acceptée par l’enfant lésé. Dans le cas où un frère embête sa petite sœur, il pourrait par exemple chanter avec sa petite sœur tout son répertoire de chansons préféré de maternelle. Lorsque la réparation est faite, féliciter l’enfant.

Lorsqu’un enfant de 10 ans casse quelque chose, dans le même ordre d’idée, lui faire réparer sa faute est très important. Les excuses à elles seules ne font en effet pas comprendre à l’enfant ses erreurs. Il s’agit donc de réparer, dans notre cas, il devra par exemple payer avec son argent de poche l’objet cassé. S’il refuse, à nouveau, ne pas entrer dans son jeu d’opposition et lui signaler qu’il devra désormais attendre un mois avant d’avoir un nouvel objet que vous aviez prévu de lui acheter le lendemain. Le montant servira ainsi en partie à l’achat de l’objet cassé. Si un objet couteux a été cassé, ne pas lui supprimer tout son argent de poche du mois mais une partie. De même, pour les sanctions de tpye mise à l’écart, cela va de l’ordre de quelques minutes et non une heure. Un objet sera confisqué un ou deux jours, pas plus. S’il a insulté, il fera un mot gentil pour montrer qu’il apprécie celui qu’il a blessé.

A force de faire ainsi systématiquement, cela va rendre l’enfant progressivement plus compétent et autonome. Lui laisser également inventer la sanction en cas de manquement est une belle preuve de responsabilité à lui donner. Il n’en sera que plus vigilant.

Mettre en place des conséquences agréables lorsque l’enfant fait bien les choses. Un peu de gloss brillant pour une fille qui n’aura pas dit de gros mots durant la journée ou un bain moussant pour celui qui aura laissé la salle de bain impeccable après chacun de ses passages.

Lorsque un enfant de 10 ans refuse de coopérer pour une tâche ménagère par exemple, la semaine suivante, l’enfant se verra confier une tâche supplémentaire. L’idéal est d’afficher le programme sur le frigo. Laisser à l’enfant choisir au tout début la tâche que l’enfant préfère faire. Si deux enfant choisissent la même tâche, tirer au sort.

Tourner en jeux ou en compétition certaines tâches fastidieuses. Par exemple, celui qui arrive à ramasser le plus de déchets dans la cour de récréation ou dans le jardin a gagné. Un deux trois c’est parti !

Lorsqu’il y a un conflit, expliquer le rôle de l’adulte et lui permet de bien accepter les consignes. L’écoute active est également un outil précieux afin de soulager sa colère ou sa tristesse.

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.

Comment aider l’enfant de 3 à 6 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

3 à 4 ans : Il commence à fixer ses habitudes, à ne plus vivre uniquement dans l’instant présent. Il comprend les raisons d’un interdit. Son jugement du bien et du mal n’est pas solide.

4 à 5 ans : Il est capable d’accepter la réalité et ses limites. Il a besoin d’un modèle pour bien se comporter et son impulsivité lui joue des tours. Il pense être le centre de l’univers et il est égocentrique.

Il s’agira de mettre à l’écart l’enfant qui transgresse les règles afin de ne pas trop porter d’attention à ses bêtises et permettre à l’enfant de se calmer, ce qui améliore ses comportements.

Dans les grandes lignes, quand l’enfant fait un écart, il s’agit de l’informer « je ne veux pas que tu y touches » puis lui expliquer « parce que c’est un objet fragile » et s’assurer que l’enfant ait bien compris « tu m’as bien compris ? » et le prévenir s’il ne s’arrête pas « je vais devoir t’arrêter ».

Puis agir et le mettre à l’écart (le prendre par la main, lui demander de rester assis loin (faire l’expérience en accéléré s’il refuse de rester assis pour qu’il comprenne pour la prochaine fois), afin qu’il ne puisse pas nous distraire en faisant le clown ou casser des objets dans sa chambre. Pour une première mise à l’écart, quelques minutes suffises pour qu’il comprenne comment cela se déroule mais lui signaler que c’est lui qui décide quand il se sent capable de revenir.

Idéalement, il s’agit d’intervenir toujours de la même façon, avec les mêmes mots, lorsque l’enfant ne se comporte pas bien.

Un seul non ferme et définitif est davantage avantageux que les répétitions et les menaces.

Comme déjà mentionné avant, l’enfant entre 3 et 6 ans est encore impulsif et il s’agit de lui apprendre à patienter. Pour l’aider, il est nécessaire de lui expliquer la différence entre les besoins et les désirs. S’il veut aller faire pipi, lui aider tout de suite à ouvrir la porte des toilettes mais s’il a envie de jouer, il est raisonnable de faire patienter un peu l’enfant car c’est un désir. Cela lui apprendra ainsi à contenir son impatience.

Il est également bénéfique de leur confier des petites responsabilités déjà vers l’âge de 5 ans, comme préparer le soir le plateau du petit déjeuner familial du lendemain, soit s’occuper de la gamelle d’eau du chat plutôt que de donner des ordres à un petit frère ou une petite sœur. Il sera fier de ses responsabilités et cela lui vaudra des compliments. Encourager l’enfant par des phrases du type : « viens me prévenir si ta petite sœur t’embête » ou « fais-nous, comme tu sais si bien le faire, une jolie table ».

Il est également bénéfique de montrer à l’enfant qu’il est capable de faire ses propres choix car cela l’aide à développer sa confiance en lui, lui donne une image positive de lui-même et favorise l’auto discipline. L’enfant doit être conscient des conséquences de ses propres choix. Soit il se fait gronder s’il se laisse entraîner dans des bêtises ou soit il est capable de dire non.

Un enfant va aussi tester et sait très bien ce qu’il pourra se permettre avec l’un et l’autre. Adopter la même attitude est donc idéal pour l’enfant car cela évite qu’il teste sans arrêt l’un et l’autre des parents. En ce qui concerne les sanctions, les positiver : Lui demander par exemple d’aller ramasser un énorme panier de pommes de pin plutôt que laisser l’enfant enrager en étant privé de télé, cela est plus valorisant pour lui. Essayer de ne pas accorder moins d’attention à l’enfant le plus sage et de jouer le même temps avec lui. Nous avons en effet souvent tendance à accorder davantage de temps à l’enfant au tempérament difficile.

Pour aider un enfant au tempérament difficile à coopérer et mieux se comporter avec les autres, lui proposer un jeu.

A chaque fois qu’il refuse de coopérer durant la journée (exemple à 5 ans), lui laisser 2 chances supplémentaires. S’il obéit à sa première chance, il gagne 2 points, à la seconce il gagne 1 point. S’il ne le fait pas, il devra s’asseoir sur une chaise pendant 5 minutes. Répéter le jeu au fil des jours, le nombre de points gagnés devrait alors être de plus en plus élevés en comparaisons aux temps de pauses. Lorsque l’enfant progresse, le féliciter « tu as fais de gros effort, bravo ! », « Je suis fier de toi ! ».

Lorsqu’il obéit rapidement, lui faire une poignée de main ou un clin d’œil. Le jeu mobilise l’attention de l’enfant et entraîne une grande motivation.

Lorsque l’enfant est insolent, une bonne façon de faire est de ne plus lui parler pendant une demi-heure. Première pause de parole risque d’être difficile car l’enfant va essayer d’attirer quand même l’attention pour obliger à parler, ne pas céder.

L ‘enfant ira alors jouer dans son coin et la mauvaise habitude lui passera en général. Le silence permet de faire ressentir à l’enfant que ses sauts d’humeurs ne sont pas une attaque pour l’adulte (le silence est le meilleur des alliés).

Ou essayer de l’appaiser par des petites demandes : « Veux-tu de l’aide pour régler ton problème ? », « Et si tu parlais plus doucement ? ».

Lors de rivalité de l’enfant envers un parent, organiser des jeux filles contre garçons et souder les sentiments en ayant des moments complices avec papa ou maman est également bénéfique.

Une autre manière lorsque l’enfant utilise des mots grossiers est de proposer à l’enfant un jeu qui consistera à lui apprendre une liste de mots qui expriment l’impatience ou la contrariété (vocabulaire furax que l’enfant va adorer du type l’insulte de pirate corne de bouc !).

Les gros mots ont de la force et provoquent :

  • le rire chez les autres enfants
  • une attidude scandalisée des adultes
  • des résultats qui donnent envie de recommencer pour attirer l’attention.

Il s’agit donc de reprendre calmement avec l’enfant en lui proposant des alternatives sous formes de jeux.

S’il a pris l’habitude d’utiliser des mots grossiers quand il est en colère, il faut intervenir rapidement et lui proposer d’utiliser des mots familiers acceptables comme nous avons vu ci-dessus.

Il s’agit de ne pas prendre un air scandalisé si l’enfant dit un mot grossier pour faire rire ses frères et sœurs à table mais faire plutôt faire diversion en racontant une petite histoire drôle et/ou en leur posant une devinette.

Diviser la journée en plusieurs périodes et noter la fréquence des mots grossier durant chaque tranche horaire. Féliciter l’enfant quand aucun mot grossier n’est utilisé durant l’une de ces tranches horaires.

Après avoir réglé un problème de mauvaise conduite, ne plus parler de l’épisode à toute la famille, pour éviter que l’enfant ne se sente fier de ses bêtises.

Utiliser l’autorité positive : « Tu dois ranger tes jouets. Je t’ai préparé 2 corbeilles : l’une pour les voitures, l’autre pour tes livres ».

Complimenter et encourager son enfant lorsqu’il fait des efforts, c’est lui donner des forces dont il a besoin pour avancer sereinement dans la vie.

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.

Merci pour votre participation !

Chers parents,

Suite à l’édition 2017 de nager pour aider, nous vous remercions encore pour votre participation grâce à laquelle nous avons pu récolter 200 francs pour soutenir les projets de Terre des Hommes Suisse. Objectif atteint grâce à vous tous, un grand MERCI !

La distance réalisée a été de 10000 mètres et nous avons terminé 3ème au classement obtenant une médaille de bronze !

nager pour aider 2017

 

Je me jette à l’eau

Chers parents,

Le 25 juin prochain, les-heureux-parents participent à la manifestation NAGER POUR AIDER, organisée par Carouge Natation et Terre des Hommes Suisse. Nous avons prévu d’effectuer un maximum de traversées à cette occasion 🙂

Nous espérons de tout cœur pouvoir récolter 200 francs pour soutenir les projets de Terre des Hommes Suisse. Cette année, les fonds collectés permettront notamment d’offrir un avenir meilleur à des enfants défavorisés d’Inde

Par le biais de votre soutien, vous contribuez ainsi à la promotion et à la défense des droits de l’enfant dans les pays du Sud. Qui veut participer avec nous à ce geste de solidarité?

D’avance un grand merci pour votre précieux soutien!

Et pour en savoir plus sur cette manifestation, c’est par ici :

manifestation

Olivier

P-S: l’intégralité de vos dons sera reversée en faveur des projets de Terre des Hommes Suisse. Merci pour eux !

Comment aider l’enfant de 1 à 3 ans à obéir ?

Quelques points de repères pour l’enfant de :

1 à 2 ans :

L’enfant affirme sa personnalité et essaie de tester son pouvoir sur son monde. Il est immature pour comprendre pourquoi l’adulte le gronde lorsqu’il commet un interdit.

2 à 3 ans :

Lutte pour s’affirmer et devenir davantage indépendant. L’enfant se frustre et se contrarie car il prend conscience de ses limites. Il vit dans l’instant présent. Les consignes et les interdictions n’ont pas encore de sens pour lui.

 

Il s’agira donc davantage d’encourager l’enfant plutôt que de lui interdire les choses. Un enfant de 3 ans qui souhaite s’habiller de manière autonome sans aide de l’adulte devra avoir des habits adaptés (t-shirts, manteau à Velcro, pantalon à élastique), afin qu’il puisse satisfaire son désir d’autonomie. Un enfant qui remplit à ras bord son verre pourra par exemple choisir avec l’adulte un verre décoré de ses personnages favoris. Accepter la consigne de ne le remplir qu’à moitié ensuite sera davantage facile (accepter une toute petite consigne très simple) et le féliciter ensuite.

 

Lorsqu’un enfant s’oppose par exemple pour venir dans la poussette à la sortie du supermarché après avoir effectué des commissions, il s’agit de lui confier une petite responsabilité qui le mettra en valeur et le fera obéir plus facilement. Ici, lui expliquer par exemple qu’il doit être assis dans la poussette afin qu’elle ne bascule pas, il en sera ravi ! 😉

Les crises d’opposition d’un enfant de 2 ans constitue une phase normale de son développement. En ce qui concerne le comportement à adopter, il s’agit d’être bienveillant envers lui et de le contenir, sans se remettre soi-même en question par rapport à ces crises et mettre de la distance entre lui et les parents. Rappeler 2 à 3 fois par jour les règles et le cadre, de manière ferme et claire, sera bénéfique pour l’enfant car cela l’aidera à décider et à assumer ses choix plus tard.

Un enfant de 2 ans faisant un caprice renvoie davantage à un processus d’individualisation qu’à un caprice où il s’agit d’obtenir une satisfaction immédiate de ses désirs.

Lorsque deux enfants se battent pour avoir un jouet ou vont piquer un jouet à un autre enfant, ils le font davantage pour imiter que par égoïsme ou agressivité ou pour l’embêter l’autre enfant. L’imitation est un moyen de communication pour l’enfant de 2 ans.

Lorsque deux enfants se piquent les jouets, leur expliquer le troc et prendre deux de leurs jouets préférés. Chacun joue avec le sien dans un premier temps puis leur faire échanger les jouets après. Les encourager à partager et à échanger des jeux est un excellent apprentissage (pas plus de 10 minutes).

Les féliciter ensuite. Bravo, vous savez très bien partager les jouets pour jouer !

Toujours les féliciter ou les encourager ou les valoriser par des phrases du type :

Julie, si tu lisais un livre à ta sœur ? Tu sais qu’elle adore ça !

Julien, il n’y a que toi qui saches aussi bien faire rire ton petit frère…

Il s’agit également d’apprendre à l’enfant à tolérer des délais et lui transmettre que non, nous ne viendrons pas tout de suite, je finis ce que je suis en train de faire (au début attente de quelques minutes tout au plus), après je vienrai te voir, sauf si tu m’appelles à nouveau. L’enfant apprend à tolérer les délais progressivement. Le féliciter.

Le harcèlement est une difficulté à se détacher du parent. Le gronder signifie pour l’enfant accaparer l’attention de l’adulte pour lui. Donc lui éviter la satisfaction d’être grondé et privilégier la réparation.

Lorsqu’il fait tout tomber, lui demander de tout bien ranger ! Ranger coussins du canapé, faire une belle pile avec les DVD etc.

Lui apprendre l’utilisation de mots sympatiques comme s’il ta plaît, merci, est-ce que tu peux ? et le félicter quand ils sont utilisés.

Lorsqu’un enfant fait une crise de bêtises, ne parler avec lui que de ses progrès, de ses bons comportements, pour qu’il sente que c’est cela qu’on aime chez lui. Face à un mauvais comportement chez un enfant de 2 ans et demi par exemple, les réactions de colère créent chez lui de l’insécurité et de la peur même si l’adulte ressent le besoin de se décharger suite à une situation où l’enfant s’est mis en danger (traverser la route en courant par exemple). Il s’agira plutôt de rejouer la scène avec des personnages en plastiques (concret) afin de l’aider plutôt que de longues explications.

Voir également en complément de cet article celui-ci

Source : L’autorité en douceur. Comment aider son enfant à accepter les règles ? De Madeleine Deny.

Comment faire en sorte que l’élève devienne auteur et acteur de ses apprentissages ?

Cette semaine, je partage et synthétise mes découvertes sur la pédagogie Freinet, en particulier à propos du livre ci-dessous.

 

La pédagogie Freinet : Quand l’élève devient auteur et acteur de ses apprentissages.

Célestin Freinet « Comment susciter le désir d’apprendre ? », par Philippe Meirieu.

L’éducation en questions, pemf

 

Après la première guerre mondiale, l’enseignement reste encore très frontal et l’idée générale consiste à retenir l’enseignement donné par le maître. Beaucoup d’élèves sont alors dégoûtés de l’école. Mais d’où cela vient-il ?

Freinet, lui, est convaincu que l’enfant a envie de travailler. Pour s’en convaincre, il suffit de prendre l’exemple d’enfants qui trimballent du sable sur la plage ou encore de les voir se passionner pour le montage ou le démontage d’un appareil qu’ils découvrent.

Dès lors, Freinet explore des méthodes pour susciter la curiosité de ses élèves, pour les mobiliser et pour les motiver davantage. Différents outils vont alors émerger :

  • Correspondance scolaire, enquêtes, imprimerie, fabrication d’un journal pour correspondre avec d’autres classes en France (orthographe, règles de grammaire etc).
  • Donner des tâches qui ont du sens et un but final.

Enseigner pour Freinet se résume alors ainsi : « L’art de faire émerger les questions et d’accompagner les élèves dans la recherche des réponses » ainsi que « motiver en proposant des tâches capables de mobiliser l’intérêt et l’énergie des élèves »

La classe va alors évoluer vers l’atelier, le laboratoire comme lieu d’expérimentation, de découverte via un projet commun et où l’on se met au travail ensemble. Il s’agit ainsi de « replacer l’enfant dans une perspective active et faire en sorte que les connaissances deviennent nécessaires à la réalisation d’un projet collectif ».

Il s’agit donc de donner du sens aux apprentissages par une activité collective mais il s’agit également d’être attentif aux apprentissages de chacun. C’est la raison pour laquelle Freinet va mettre en place des brevets individuels (ceintures) sous forme d’un plan de travail individuel. C’est un système qui respecte le rythme de travail de chaque élève. Ce n’est donc pas un système d’évaluation mais plutôt un système où l’enfant peut se comparer à lui-même et par rapport aux progrès qu’il a réalisé durant une période donnée. C’est également un système qui sert à impliquer les élèves dans la tâche commune.

Un principe important pour Freinet sera de « Ne pas écarter les moins compétents au nom de la qualité de la production ». C’est-à-dire que l’enseignant doit veiller à passer aux travaux individuels lorsque le travail de groupe aura tendance à basculer vers la dérive productive car le but étant de « Concevoir des situations motivantes qui permettent de rencontrer les obstacles grâce auxquels on devra apprendre ». Ces objectifs obstacles pourront être différents pour chaque élève.

Freinet est pour la nécessité du tâtonnement expérimental, mais la perméabilité à l’expérience n’est pas facile pour les enfants à besoins éducatifs particuliers.

L’individu ne passe à une nouvelle acquisition que lorsque l’expérience en cours a fait sa trace indélébile, l’acte devient alors mécanique.

Par rapport au plan de travail individuel, une élève exprime : « C’est moi qui me dis : Aujourd’hui, je vais faire un problème puis après je vais faire une opération ». L’élève est amené à prendre en charge son plan de travail de manière plus ou moins autonome.

Pour ce qui est des niveaux, un élève de 6 ans pourra être avancé en mathématiques, alors qu’en français il pourra avoir un niveau inférieur ou égale aux prescriptions du plan d’étude national. Il existe ainsi des rythmes différents ce qui va favoriser l’entre aide entre les élèves.

Pour Freinet, il s’agit également de replacer l’apprentissage de la langue dans sa fonction de communication, c’est-à-dire lire pour recevoir des informations, écrire pour être lu. Il existe également la transcripition par l’adulte des énoncés de l’enfant qui constitue une entrée en matière dans la lecture.

Les élèves doivent trouver dans la classe un esprit d’autonomie, d’initiative, de négociation, de rêve.

Développer un autre rapport au savoir qui valorise la recherche, le questionnement et la pensée critique.

« L’élève est invité à raconter ses expériences vécues à ses camarades. Technique de « texte libre », qui originairement oral, devient dessin et écrit au fur et à mesure de la croissance mentale et des compétences acquises ».

Parmi les outils mis en place, il existe :

– Le « Quoi de neuf ? »

C’est un outil de la vie coopérative de la classe qui permet la construction d’une histoire commune au « groupe de vie ». Je parle à l’autre, il m’écoute, je suis entendu, j’existe dans le groupe. Le quoi de neuf est une façon de « rendre le groupe solidaire, de favoriser la pédagogie intégrative et de créer un espace entre l’extérieur et l’intérieur de l’école. Les enfants s’écoutent, entendent parfois des réponses à leurs problèmes par leurs pairs, peuvent réaliser que ce qu’ils aiment, ce qui les tracassent, ce qui leur fait plaisir, ne sont pas exceptionnels ; on peut en parler beaucoup, partager les mêmes joies et peines, tracas et plaisirs… Derrière un propos qui peut paraître anodin, l’enfant a quelque chose à dire ; à nous de décrypter ce qu’il y a derrière ».

Il n’est pas obligatoire et se fait sur inscription des élèves qui désirent s’exprimer sur une expérience ou un objet qu’ils ont amené. Il dure entre 25-40 minutes.

Impacts :

– Contribuer au développement de l’autonomie du groupe et des enfants.

– Favoriser la constitution d’un groupe classe solidaire.

– L’enfant structure son langage et se construit comme sujet.

– Amélioration des compétences langagières : être consis, avoir une parole intéressée et structurée, vérifier que l’on est compirs des autres.

Des responsabilités sont également données aux élèves :

– Un président, un secrétaire, un maître du temps et un responsable gêneur. (actions qui gênent le groupe)

 

– Le Conseil coopératif ou conseil de classe est un autre outil important : Les règles de vie y sont établies et cela sert à féliciter les enfants. C’est également avant tout un lieu de parole coopératif dont les visées sont relationnelles, personnelles mais aussi éducatives.

Au conseil les élèves apprennent à :

  • Gérer les relations et les conflits dans le groupe : c’est un organisme d’analyse et de régulation des problèmes qui se posent grâce aux rubriques plaintes et félicitations. On apprend à gérer le fonctionnement d’un groupe et les relations interindividuelles.

 

  • Devenir acteurs de leur milieu et de leurs apprentissages. Par les rubriques informations, propositions et demandes de ceintures les élèves sont au cœur du processus d’apprentissage. Ils sont amenés à participer dans les activités et l’organisation de la classe. Ils apprennent à parler, à écouter, à aider, à se contrôler.

 

  • Vivre et grandir ensemble en respectant le rythme et les besoins de chacun. Le conseil a des visées éducatives et d’enseignement au sens où la gestion collective et l’organisation coopérative de la classe permettront de tendre vers des apprentissages sur mesure. Apprendre à planifier son travail, à travailler ensemble, à coopérer.

Cette pédagogie devient aujourd’hui dans l’ère du temps puisque l’enfant est amené à faire partie du monde, à être l’acteur et l’auteur de demain. Il développe son esprit critique et a sa place dans le groupe. Cette pédagogie est à la fois invididuelle en terme de rythme d’apprentissage mais également collective dans la part de découverte que l’enfant peut faire des autres. Bien au-delà d’un apprentissage de type copié-collé, l’enfant apprend de façon pratique, ce qui donne du sens et motive l’élève.

Il n’y a pas de motivation sans plaisir. Se surprendre à faire et à réussir, quoi de plus motivant ?

Il existe une excellente école Freinet à Genève dans le quartier des eaux-vives. Cliquez ici pour davantage d’informations sur l’école ou cette pédagogie en particulier. 

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Le cerveau qui apprend

Cette semaine, je partage des informations autour de plusieurs conférences qui ont eu lieu à l’Université de Genève.

Résumé de la troisième conférence intitulée « le cerveau qui apprend » dans le cadre de la semaine du cerveau 14-18 mars 2016 :

Vidéos disponibles sur www.semaineducerveau.ch

A titre d’information, cet article constitue de simples notes de cours et ce résumé n’a donc pas la prétention d’être exhaustif par rapport à l’ensemble du contenu qui a été abordé durant cette conférence.

Comment notre cerveau est-il capable d’apprendre de nouvelles compétences et quel rôle joue le sommeil dans l’apprentissage ? Décorticage des mécanismes de la plasticité cérébrale, ainsi que de ses possibilités et de ses limites.

A retenir :

Des stimulations sensorielles répétées renforcent les synapses de neurones peu actifs.

Ce type de mémoire synaptique est important pour activer des neurones pendant l’apprentissage d’un nouveau comportement.

Elle peut aussi s’avérer très importante pour la mise au point de protocoles de réhabilitation après par exemple un AVC ou un traumatisme crânien.

Première partie de la conférence par le professeur Stéphane Pagès (chercheur au département de Neurosciences Fondamentales de la Faculté de médecine de l’Université de Genève).

Après une thèse de doctorat réalisée au département de Chimie Physique de l’UNIGE, il obtient une bourse du Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique (FNS) pour étudier, grâce à de nouvelles approches optiques, les phénomènes de communication neuronale au Centre de Neurophotonique de l’Université Laval à Québec. En 2011, il rejoint l’équipe du Professeur Anthony Holtmaat et poursuit ses recherches sur les mécanismes de plasticité structurelle et fonctionnelle de la synapse, dont on pense qu’ils constituent les bases physiologiques de l’apprentissage et de la mémoire.

Comment notre cerveau apprend-il ?

Comment notre cerveau se réorganise t-il ? Comment acquiert-il de nouvelles compétences ? Faire du vélo, etc.

Apprendre à reconnaître un visage etc.

100 milliard de neurones peuplent notre cerveau. si 1 neurone équivalent à 1 personne et sachant qu’il y a 7 milliard d’individus sur la terre, le nombre de neurones que l’on a dans notre cerveau est équivalent à 14 fois la population mondiale !

Les neurones communiquent entre eux.

100 000 kilomètres de « câbles électriques » dans un cerveau adulte humain. Si on déroule ces câbles électriques, en marchant on peut faire deux fois le tour de la planète.

Système très complexe.

Chaque neurone est composé de 3 parties

  1. Les dendrites (métaphore de la prise d’un ordinateur): partie du neurone qui reçoit le signal. Chaque neurone peut ainsi communiquer avec 15 000 autres neurones. Une fois que l’information arrive dans la dendrite, elle est transférée via les dentrites et convergent vers le corps cellulaire (centre de contrôle du neurone). Une fois la décision prise, l’information est transférée vers le reste du réseau par les axones.

 

Mode de communication entre deux neurones :

Le point de connexion entre l’axome et la dendrite s’appelle la synapse (lieu où l’info va être émise par le premier neurone et reçue par le second neurone).

  1. L’axone : partie du neurone qui relaie le signal

Une synapse est un point de liaison entre neurones.

Travaux du professeur Anthony Holtmaat (date du milieu des années 2000)

La grande majorité des épines dentritiques que nous avons dans notre cerveau est stable.

Les épines dendritiques apparaissent en lien avec la coupe des moustaches des souris (elles arrivent à sentir l’environnement avec les moustaches).

Ces connexions sont dynamiques : elles apparaissent et disparaissent en fonction de l’expérience.

Formation d’un très grand nombre d’épines à la naissance.

Raffinement du nombre d’épines en fonction de l’expérience.

Un apprentissage ou une nouvelle expérience aboutit à la formation de nouvelles épines (réseau neuronal qui change).

D’autres épines sont aussi formées.

Elles disparaissent progressivement au fil des années.

Lorsque nous vivons une expérience sensorielle, nous avons des épines qui sont créées (mais pas besoin de créer des épines pour créer de la mémoire).

Etape n°1 : apprendre une tâche à une souris.

Etape n°2 : trouver des épines nées de cet apprentissage.

Etape n°3 : débrancher les épines nouvellement formées.

Etape n°4 : mesurer la performance de la souris sans ces nouvelles épines.

Temps avant entraînement de la souris : 90 secondes.

Après entraînement de la souris : 9 secondes.

La souris met plus de temps de passage après le débranchage des nouvelles épines (20 secondes).

Plasticité des épines dendritiques. Est-ce que la capacité des épines dendritiques à apparaître et à disparaître est-elle la même tout au long de notre vie ?

Lorsque nous dormons, ce système est-il au repos ?