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14 septembre 2017

Le casse-tête des activités extrascolaires

Quelle discipline choisir pour son enfant? A quel rythme? Que faire en cas de refus ou de renoncement? Olivier Chatelain, enseignant, dispense ses conseils aux parents.

illustration maret
La question des activités extrascolaires n’est pas la plus évidente à résoudre.

Un casse-tête. Encore un. Parmi les mille et une questions qui bouillonnent sous le crâne de parents forcément stressés en période de rentrée, celle des activités extrascolaires n’est peut-être pas la plus évidente à résoudre. Entre le trop ou le pas assez, la marge paraît forte.

Enseignant spécialisé en sciences de l’éducation et créateur du site www.les-heureux-parents.com, Olivier Chatelain souligne d’abord que tous les parents ne sont pas logés à la même enseigne: «Pour ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens financiers, cela est déjà compliqué d’organiser des activités pour leurs enfants pendant les vacances et cela le reste à la rentrée.» A l’inverse, les familles plus aisées ont évidemment davantage de facilité à «mettre sur pied des projets avec leurs enfants en vacances, et de la même façon on remarque à la rentrée que ce sont généralement ces enfants-là qui vont avoir plusieurs activités extrascolaires».

Indépendamment des considérations d’ordre économique, il semble évident de viser un juste milieu. Pour ce faire, Olivier Chatelain met en avant un principe majeur: «Il faut que l’enfant exerce une activité qu’il ait du plaisir à réaliser et qu’il aura choisie lui-même. Ce n’est pas aux parents de dire: «Tu dois faire du piano, tu dois faire du foot.» Histoire déjà d’éviter le cas trop connu d’un investissement pour beurre, «avec des parents qui achètent d’autorité une guitare, et l’enfant très vite qui renonce, qui dit qu’il en a marre, qu’il n’a plus envie».

Un gâchis d’autant plus regrettable que les activités extrascolaires devraient avoir une fonction «d’éveil, devraient favoriser la confiance en soi de l’enfant, être des moments où il va se sentir à l’aise, se faire des amis, où il va apprendre les règles en société, en pratiquant par exemple un sport d’équipe.» Des activités donc qui, en «favorisant les liens sociaux en dehors de l’école», pourront se révéler «un tremplin pour les enfants un peu introvertis, timides, peu sûrs d’eux».

Un autre avantage de laisser son enfant choisir dans quel type d’activités il souhaite se lancer est que cela permet «d’établir au départ un contrat implicite, du genre: d’accord mais à condition que tu t’y tiennes». Contrat qui pourra ensuite être ressorti au moment où l’enfant envisagerait peut-être un peu vite de renoncer.

Le choix des activités

Avec un enfant qui hésiterait, qui ne saurait pas trop que choisir, l’idéal pourrait être de lui «faire faire, non pas sur la durée, mais ponctuellement, des activités différentes. Après, c’est à lui de savoir dans laquelle il se sentira bien, l’apprentissage d’une langue ou quelque chose de plus ludique. Mieux vaut écouter son enfant que lui forcer la main.»

Reste que l’on pourrait avoir l’impression parfois qu’en favorisant et encourageant des activités extrascolaires pour nos enfants, on leur imposerait notre propre mode de vie d’adulte, aux agendas surchargés, tout en stress et galopades effrénées. «Il y a un équilibre à trouver entre deux excès, explique Olivier Chatelain. Ne pas laisser l’enfant livré à lui-même durant tout son temps libre – «il risquerait plus facilement de faire des bêtises dans son quartier» – ni non plus «charger toutes les périodes, multiplier les activités: l’enfant alors n’a plus le temps de rien faire, il va être fatigué, ne va plus trouver de plaisir à ce qu’il fait».

Tout dépend évidemment de l’enfant, mais, estime l’enseignant, «une activité c’est déjà bien, voire deux, il faut aussi lui laisser le temps de s’ennuyer un peu, l’ennui peut être créatif, et c’est un peu le but: rendre les enfants créatifs, plutôt que de vouloir absolument les faire entrer dans un moule».

Face à un enfant qui se montrerait réticent à toute forme d’activités extrascolaires, Olivier Chatelain conseille d’éviter la confrontation. «Il s’agira plutôt de lui donner peu à peu envie, de l’intriguer plutôt que l’obliger tout de suite à faire absolument quelque chose».

Faire ses expériences

A contrario, certains parents peuvent être tentés de mettre leur veto à une activité qu’ils estimeraient ne pas convenir à leur enfant. «Encore une fois, explique Olivier Chatelain, ce n’est pas l’attente des parents qui doit primer, mais le choix de l’enfant.»

Même s’il s’agit d’une activité pouvant présenter un certain danger? «Il y a des sports et des occupations où l’on peut prendre des coups. Tout dépend de l’âge, mais certains parents ont tendance à vouloir surprotéger leur enfant, ce qui est rarement la bonne solution. Il n’y a pas si longtemps, les enfants jouaient encore librement, ils grimpaient aux arbres et les parents n’étaient pas toujours derrière pour dire: ‹Attention, tu vas tomber›. Les enfants doivent faire leurs expériences.»