La protection du bien-être émotionnel de l’enfant

De nos jours, les parents sont très souvent obligés de travailler à deux. L’effort déployé pour combiner au mieux la vie familiale et la vie professionnelle peut souvent amener à négliger une facette importante de la vie de votre enfant : son bien-être émotionnel. Les trois premières années de sa vie constitue un moment critique. Durant les trois premières années, l’enfant a besoin de routine et de sécurité et des changements peuvent être vécus comme déstabilisants et traumatisants pour lui. Il est impératif que les parents, les éducateurs, les adultes impliqués et les prestataires de soins fassent un effort commun et concerté pour s’assurer que les besoins affectifs de l’enfant soient respectés sur une base quotidienne, tout comme leurs besoins physiques le sont. Les effets de la non prise en compte des besoins affectifs de l’enfant, en particulier au cours des trois premières années de sa vie, peuvent avoir des conséquences dévastatrices comme nous l’avons déjà souligné. Des comportements violents, perturbateurs ou provocateurs peuvent alors en résulter.

Durant ces trois premières de la vie, la liaison et la séparation émotionnelle ont lieu chez l’enfant. Si des interruptions ont lieu dans l’un de ces processus, les mauvais comportements de l’enfant auront de fortes chances de se développer. Ils peuvent avoir ensuite une incidence non négligeable sur les relations qu’ils entretiendront plus tard dans la vie et les empêcher de développer des relations saines avec les camarades ou les adultes.

D’autre part, durant ces trois premières années de vie, le cerveau passe par son développement le plus rapide. Une fois atteint l’âge de 3 ans, le cerveau d’un enfant est déjà conditionné par l’expérience qu’ils ont eu jusque là. Incroyable, n’est-ce pas ? 🙂 C’est dire l’importance pour que ces expériences soient positives, de sorte que le cerveau soit conditionné à n’attendre que les choses positives. Si les expériences ont été effrayantes, blessantes, abusives ou dangereuses, alors le cerveau sera conditionné à n’attendre que les événements négatifs.

Par conséquent, il est essentiel que les parents, les soignants et les autres adultes concernés fassent un effort concerté pour s’assurer que les besoins affectifs de l’enfant soient assouvis d’une manière positive, constructive et saine. Les parents doivent s’assurer que la personne qui a la charge de garder l’enfant soit stable et cohérente. En effet, changer de personne déstabiliserait l’enfant durant cette fragile phase. Il est ainsi essentiel de s’assurer que l’enfant se sente en toute sécurité avec des routines structurées et cohérentes. S’assurer également de passer le plus de temps de qualité avec votre enfant à cette époque, quel que soit votre mode de vie. Un enfant peut sentir que ce calendrier est stressant pour vous et il peut devenir un élément effrayant ou de confusion pour eux. Par conséquent, il est important de prendre le temps de les rassurer que vous n’êtes jamais trop occupé et prendre le temps de s’occuper d’eux.

Se rappeler que le bien-être émotionnel de l’enfant est tout aussi important que son développement physique et faire en sorte de s’assurer que votre enfant grandisse dans un environnement sécurisant et qu’il soit aimé. Toutefois, le lien parental ne se résume pas seulement à l’amour ou à l’éducation que l’enfant reçoit. Le lien de filiation (généalogie claire) est également très important pour l’enfant car il a besoin de savoir d’où il vient. C’est en se différençiant que l’enfant se construit et qu’il va pouvoir progressivement se positionner comme un individu.

Attendre le meilleur de l’enfant

Si nous attendons et croyons que l’enfant réussira bien, alors c’est souvent ce qui se réalisera pour lui. En effet, nos convictions et croyances se répercutent sur l’enfant qui très souvent ressent ce que l’on projette sur lui (tant le positif que le négatif).

Petite parenthèse, certains enfants et notamment les enfants psychotiques ressentent et perçoivent souvent des éléments divers nous concernant dont nous n’avons même pas conscience. Un exemple assez frappant que j’ai vécu est celle d’une élève psychotique qui a perçu très tôt que l’une de mes collègues était enceinte en lui posant la question si elle avait un enfant dans son ventre, alors qu’on ne voyait encore rien de la grossesse! Plutôt surprenant, n’est-ce pas?

Il est donc essentiel d’être bienveillant envers l’enfant afin qu’il puisse construire une image de soi qui corresponde à cette croyance. Si nous n’attendons rien de spécial de l’enfant alors il y a de très fortes chances qu’il deviendra paresseux et cela confirmera nos attentes à leur égard (le cycle vers l’échec commence). Si, d’autre part, nous attendons de l’enfant qu’il réussise, qu’il soit productif, créatif, responsable et que nous sommes profondément et honnêtement convaincu que c’est vrai, alors l’enfant ne pourra pas s’empêcher de saisir l’occasion de confirmer nos attentes à leur égard au travers d’actions positives. Il s’agit donc d’exiger rien d’autre que le meilleur de l’enfant et il faut s’attendre à ce qu’il réponde à nos attentes.

Le fait de féliciter l’enfant souvent quand il effectue une bonne action ou lorsqu’il accomplit une nouvelle tâche est essentiel. Établir des règles simples, claires et cohérentes pour qu’il sache exactement ce qui est attendu et les conséquences de la mauvaise conduite lorsqu’il enfreind les règles. Maintenir autant que possible une routine quotidienne cohérente et s’assurer qu’il dispose de beaucoup de temps pour pratiquer du sport ou pour jouer et socialiser avec ses amis. L’encourager à apprendre à effectuer les choix appropriés et l’encourager à s’autonomiser. Il s’agit également de permettre à l’enfant de parler de ses sentiments forts car cela l’aide à évacuer sa colère et sa frustration (cf. article déjà paru sur l’écoute active).

Il est important d’être un modèle pour l’enfant, cela est vraiment essentiel pour son développement harmonieux. Il s’agit de faire des choix appropriés et d’être ferme tout en étant juste pour discipliner l’enfant. S’assurer de passer beaucoup de temps de qualité avec votre enfant et l’encourager à participer à des activités qui favorisent la coopération et un sentiment d’accomplissement se révèle très bénéfique pour le développement de sa maturité psycho-affective. Si vous avez de grandes attentes à l’égard de votre enfant, vous serez pleinement satisfait lorsqu’il sera plus grand.

Si vous souhaitez en savoir davantage, je vous conseille la lecture suivante qui traite de l’influence du comportement parental sur la réussite de votre enfant :

– Develay, Michel (1998). Parents, comment aider votre enfant ? Paris, ESF.